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FC Nantes : notre bilan complet du mercato estival

Par Louis Chrestian - 2 Sep 2026, 14:20

Le FC Nantes a achevé son mercato avec l’arrivée tardive de Thomas Robinet, douzième renfort de l’été. Si les Canaris ont réalisé quelques opérations intéressantes, dont la vente record de Matthis Abline, l’effectif confié à Grégory Poirier reste profondément déséquilibré. Entre recrutement dans l’urgence, départs à prix réduit et début de saison catastrophique, difficile d’accorder plus de 4/10 au mercato nantais.

Thomas Robinet recruté sur le gong

Le FC Nantes aura attendu les dernières minutes du marché pour accueillir l’avant-centre réclamé par Grégory Poirier. Après une journée entière de négociations, Thomas Robinet s’est engagé pour trois saisons en provenance de Dunkerque.

Le dossier aurait pourtant pu échouer en raison d’un désaccord salarial entre le joueur et la famille Kita. Un terrain d’entente a finalement été trouvé peu avant la fermeture du mercato.

À 30 ans, Robinet apporte une expérience précieuse de la Ligue 2 et une véritable présence dans la surface. Son arrivée était devenue indispensable avec les blessures d’Ignatius Ganago et Killian Corredor, qui avaient laissé Nantes sans véritable solution fiable à la pointe de son attaque.

Sur le papier, il s’agit donc d’un renfort cohérent. Mais le timing de son recrutement illustre également l’improvisation qui a accompagné une bonne partie du mercato nantais.

Douze recrues et deux mercatos complètement différents

Le FC Nantes a recruté douze joueurs pour une dépense totale relativement limitée, proche de cinq millions d’euros hors montants encore inconnus.

Sept joueurs étaient arrivés sous les ordres de Michel Der Zakarian : Maxime Dupé, Wilitty Younoussa, Killian Corredor, Mathieu Cafaro, Lucas Perrin, Saïdou Sow et Antoine Joujou.

Après le changement d’entraîneur, la direction a dû presque recommencer son recrutement. En une seule semaine, Grégory Poirier a obtenu cinq renforts supplémentaires : Ryad Hachem, Balthazar Pierret, Amin Cherni, Fodé Doucouré et Thomas Robinet.

Trois d’entre eux — Hachem, Pierret et Doucouré — ont déjà été entraînés par Poirier au Red Star. Le nouveau technicien s’est donc appuyé sur des joueurs qu’il connaît parfaitement pour tenter d’installer rapidement ses principes.

Cette forte coloration audonienne peut faciliter la transition tactique. Elle montre aussi que Nantes a construit deux effectifs successifs au cours du même été, au gré des changements décidés par sa direction.

Poirier possède enfin les joueurs pour son 3-5-2

Avec Amin Cherni dans le couloir gauche et Fodé Doucouré à droite, Grégory Poirier dispose désormais des pistons nécessaires pour utiliser son système préférentiel.

L’entraîneur nantais devrait pouvoir aligner une défense à trois et un 3-5-2 dès la réception de Nancy, le lundi 7 septembre à la Beaujoire. Thomas Robinet pourrait également offrir un véritable point d’appui à l’attaque.

Tactiquement, les dernières recrues apportent donc une certaine cohérence. Elles correspondent davantage aux idées de Poirier que plusieurs joueurs engagés au début de l’été.

Mais disposer des profils adaptés à un système ne suffit pas à garantir l’équilibre d’un effectif.

Un milieu totalement engorgé

Le principal problème se situe dans l’entrejeu. Nantes possède désormais une dizaine de milieux pour seulement trois ou quatre places selon le dispositif utilisé.

Cette accumulation risque de créer des frustrations et de compliquer la gestion quotidienne du groupe. Plusieurs joueurs recrutés récemment pourraient rapidement se retrouver avec un temps de jeu très limité.

Grégory Poirier devra maintenir tout le monde impliqué alors que son équipe occupe déjà la dernière place de Ligue 2. Dans un contexte aussi tendu, les états d’âme peuvent rapidement fragiliser un vestiaire.

Johann Lepenant, longtemps annoncé sur le départ et courtisé par Nice, est finalement resté. Louis Leroux n’a pas bougé malgré des approches anglaises. Leur maintien renforce sportivement le milieu nantais, mais accentue également cet embouteillage.

Une défense encore beaucoup trop fragile

La défense centrale suscite également de grandes inquiétudes. Tylel Tati apparaît comme la seule véritable solution naturelle pour évoluer dans l’axe gauche d’une défense à trois.

À seulement 18 ans, le jeune Nantais traverse pourtant un début de saison compliqué. Le faire évoluer sans concurrence ni solution de remplacement représente un risque important.

Le City Group, Troyes et Chelsea avaient manifesté leur intérêt pour lui, mais Nantes a refusé de le brader. Une décision compréhensible au regard de son potentiel, même si le club aurait probablement dû anticiper en recrutant un autre défenseur capable d’occuper son poste.

Dans les buts, Maxime Dupé devra également élever son niveau. Le gardien de 33 ans s’est montré peu décisif et parfois fébrile depuis son retour. Ses prochaines prestations seront particulièrement surveillées.

Abline, la grande réussite financière

Dans le sens des départs, la vente de Matthis Abline représente incontestablement le meilleur coup nantais. Monaco a déboursé 25 millions d’euros, auxquels pourront s’ajouter cinq millions de bonus.

Pour un club relégué en Ligue 2, obtenir un tel montant constitue une opération remarquable. Nantes est parvenu à protéger la valeur de son attaquant et à négocier l’une des plus grosses ventes de son histoire.

La direction a aussi réussi à se séparer de plusieurs salaires importants. Alban Lafont a rejoint Amed SK, tandis que Chidozie Awaziem et Mostafa Mohamed ont pris la direction de Konyaspor.

Le départ de Mohamed ne rapporte que 750 000 euros pour un joueur acheté plus de six millions. Mais après un été marqué par son absence et son refus de s’inscrire dans le projet nantais, lui trouver une porte de sortie constitue malgré tout un soulagement.

Guirassy et Benhattab bradés ?

D’autres opérations sont beaucoup plus difficiles à comprendre. Herba Guirassy a rejoint les Young Boys de Berne contre une indemnité estimée entre trois et cinq millions d’euros.

Le montant semble faible au regard de son âge et de son profil. L’ailier était surtout l’un des seuls joueurs nantais capables d’apporter de la vitesse et de la percussion à une attaque particulièrement prévisible.

Sa perte pourrait rapidement se faire sentir, même après l’arrivée de Thomas Robinet, qui possède des qualités très différentes.

Le transfert de Yassine Benhattab à Montpellier provoque également de nombreux regrets. Nantes n’aurait récupéré qu’environ un million d’euros, bonus compris, pour un joueur qui conservait une belle cote et avait suscité des approches anglaises.

Cette vente tardive donne le sentiment d’un départ conclu dans l’urgence, sans que le club ait réellement maximisé la valeur de son joueur.

Un mercato qui mérite seulement 4/10

Le bilan nantais n’est pas totalement négatif. La vente d’Abline est une réussite majeure, les départs de certains gros salaires offrent de l’air aux finances et Thomas Robinet répond à un besoin évident en attaque.

Les dernières recrues devraient également permettre à Grégory Poirier d’installer son 3-5-2 avec des joueurs qu’il connaît et qui comprennent ses exigences.

Mais les inquiétudes restent trop nombreuses. Le milieu est surchargé, la défense manque de profondeur, le gardien ne rassure pas et l’attaque a perdu son principal élément de percussion. Surtout, une grande partie du recrutement a été réalisée dans la précipitation après un changement d’entraîneur.

Avec douze arrivées et plus de vingt sorties en comptant les retours de prêt, Nantes a profondément bouleversé son groupe sans garantir sa cohérence. Une note de 4/10 paraît donc logique.

Le mercato est terminé. Grégory Poirier doit maintenant transformer cet assemblage construit dans l’urgence en une véritable équipe capable de quitter rapidement la dernière place de Ligue 2.

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