Girondins : une grosse erreur de Bordeaux avec Karamoh ?

Pour Willy Sagnol, il ne fait aucun doute que les problèmes rencontrés par les Girondins de Bordeaux avec Yann Karamoh reposent sur un salaire trop élevé.

Yann Karamoh a été mis à pied par les Girondins de Bordeaux en début de semaine dernière, avant les déplacements à Marseille (0-1) et à Paris (0-1). un problème de comportement pour le jeune attaquant, qui se serait pris le bec avec l’entraîneur adjoint Patrick Colleter. Pour Willy Sagnol, le principal souci du FCGB avec le joueur prêté par l’Inter Milan, c’est son salaire…

« Quand ton joueur le mieux payé de l’effectif est là en prêt, déjà, c’est qu’il y a un gros problème de base. Et quand c’est un des plus jeunes, aussi. Ce n’est pas bon. Et pourtant, c’est devenu classique… Mais le souci, c’est que le foot évolue trop vite. A une époque, pas si lointaine, quand je jouais encore, il y avait de la méritocratie et tu ne négociais pas ou très légèrement ton salaire de base. Et moi, quand il le fallait, je négociais tout seul, à l’arrache, on s’arrangeait, ce qui n’existe plus… »

« Et, je le redis, tu avais une logique de méritocratie dans les salaires. Pour vous donner un exemple, quand j’arrive au Bayern Munich, en 2000, de l’AS Monaco, je suis le plus gros transfert de Bundesliga et je viens comme titulaire, mais niveau salaire on m’avait mis dans les jeunes prometteurs, et j’avais deux cases au-dessus de moi. C’est seulement ensuite, avec le temps, en renégociant pour prolonger, que je suis passé dans la case des joueurs confirmés et dans celle des gros joueurs, en fin de carrière. Et cette logique-là était acceptée par tout le monde. »

« Alors pourquoi ce ne serait pas possible dans nos clubs français ? Il y a des choses à faire. Mais la problématique, de plus en plus, c’est que le marché n’est plus régulé et que des jeunes joueurs peuvent partir à l’étranger avant de signer pro en faveur de leur club formateur, donc ça dérègle tout. Il faudrait travailler sur ça. Après, sur ce sujet, il faut beaucoup en vouloir aux dirigeants, à ceux qui donnent les salaires, mais aussi aux jeunes, qui font parfois du chantage par rapport à tout ça, pour partir ailleurs. Et ça peut donner des clashes. »

R.N.