ASSE : Oscar Garcia, les raisons de son départ

Après la débâcle du derby (0-5 face à l’OL), Oscar Garcia, fragilisé, songeait de plus en plus à quitter l’ASSE avant la fin de son contrat (juin 2019). Il a franchi le pas ce soir. Explications.

Il a le mal du pays

Natif de Sabadell, Oscar Garcia est catalan. Sa femme vit à Barcelone où il a déjà fait plusieurs aller-retour depuis son arrivée dans le Forez, notamment lors de la dernière trêve internationale. Avec la déclaration d’indépendance, la situation politique est tendue en Catalogne et cela affecterait moralement le successeur de Christophe Galtier.

Il est déçu par l’amateurisme du club…

Dès les premiers contacts avec l’ASSE, Garcia a été surpris par le fonctionnement des dirigeants stéphanois. Le premier rendez-vous à Paris avait d’ailleurs failli ne pas avoir lieu pour un problème de prise en charge du déplacement de l’Espagnol, alors en poste à Salzbourg. Mais le feeling fut finalement au rendez-vous, avec Dominique Rocheteau en particulier, et on connaît la suite. Mais après s’être engagé avec le club, Garcia a subi d’autres désagréments, d’ordres logistiques, à son arrivée. Il imaginait l’ASSE beaucoup mieux organisée.

… par le manque de moyens…

Garcia connaissait l’ASSE de réputation. Il aimait bien le club et suivait ses résultats, regardait quelques matches. C’est ce qui a fait qu’il s’est laissé séduire lorsqu’un de ses contacts, un journaliste français basé à Barcelone, l’a informé d’un intérêt des Verts. Mais l’ancien joueur du Barça pensait que les moyens du club étaient supérieurs à ce qu’ils sont vraiment en termes de puissance financière. Il a vite compris que les joueurs qu’il avait ciblés n’étaient pas accessibles. Il a vite compris aussi que l’effectif dont il a hérité n’était pas très compétitif.

… et le recrutement

Garcia n’a choisi aucune des recrues estivales du club. Ce sont David Wantier, Dominique Rocheteau et la cellule de recrutement qui ont proposé les joueurs. Garcia, lui, n’a fait que valider les choix, même s’il s’est par exemple rendu à Lyon pour rencontrer Loïs Diony avant sa signature. Le travail a été collégial en ce sens que l’ancien coach du Red Bull avait défini les postes à renforcer et les caractéristiques qu’il privilégiait mais il a regretté à plusieurs reprises, depuis le début de la saison, la petite enveloppe dont a bénéficié le club pour se renforcer. Et il n’était pas très chaud pour accueillir certaines recrues, en particulier Saidy Janko et Alexandros Katranis.

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Il y a des tensions avec les joueurs

Pour répondre aux critiques sur le jeu de l’équipe, Garcia a beaucoup attaqué ses troupes depuis le début de la saison et cela n’a pas été sans conséquences. Le Catalan s’est mis plusieurs joueurs à dos. Les propos de Romain Hamouma à la mi-temps du match de Montpellier et plus encore ceux de Florentin Pogba lors de l’interruption pendant le derby ont montré qu’il y avait un malaise dans le groupe. De plus en plus de joueurs sont malheureux, ce que n’ont pas caché les Norvégiens ces derniers jours, et en privé, plusieurs s’étonnent de certaines méthodes de leur coach, de son turnover incessant, du contenu de ses séances d’entraînement et de sa communication.

Il y a des tensions dans son staff

Garcia est arrivé avec trois adjoints espagnols mais dans son staff, il doit composer avec la présence de trois anciens membres du staff de Christophe Galtier : l’entraîneur des gardiens, Fabrice Grange, le préparateur physique, Thierry Cotte, et l’analyste vidéo, César Arghirudis. La cohabitation avait bien débuté cet été mais certaines tensions sont apparues ces dernières semaines, si bien que les Espagnols ne convieraient plus les anciens à toutes les réunions.

Il y a des tensions avec les dirigeants

Garcia est moins proche de Roland Romeyer que ne l’étaient ses prédécesseurs, Christophe Galtier en particulier. Plus discret, le Catalan a accumulé les déceptions et cela ne l’a pas encouragé à s’ouvrir davantage. Romeyer apprécie l’homme mais les derniers résultats de l’équipe, certains choix de Garcia et certaines de ses déclarations ont entamé sa confiance vis-à-vis du technicien. Bernard Caiazzo, lui, constate depuis Cannes et Paris, où il partage son temps, que la greffe a du mal à prendre et qu’il y a des tensions. Le président du Conseil de surveillance avait irrité Garcia le mois dernier en évoquant les contacts avec Patrick Vieira pendant l’été. Si le Catalan a beaucoup d’estime pour Dominique Rocheteau, qui le lui rend bien, la relation de confiance avec David Wantier serait moindre.

Laurent Hess, à Saint-Étienne