Anthony Lopes a-t-il eu raison de critiquer les supporters de La Beaujoire après la défaite contre le Paris FC (1-2) ? Nos deux journalistes Bastien Aubert et Raphaël Nouet en débattent.
« Oui mais le problème n’est-il pas ailleurs ? »
« Anthony Lopes a évidemment eu tort de pointer du doigt les supporters du FC Nantes après la défaite à La Beaujoire face au Paris FC (1-2), même si je trouve que ses propos n’ont pas franchi la ligne de la provocation frontale. On est davantage face à de la maladresse, nourrie par une frustration globale et palpable, que face à une attaque assumée contre un public qui continue, malgré tout, de répondre présent. Le vrai malaise est peut-être ailleurs.
Comment expliquer sinon qu’un FC Nantes incapable de se transcender à domicile, au point de figurer parmi les pires équipes d’Europe chez lui depuis trois saisons, soit en revanche capable d’aller s’imposer à Marseille ou sur la pelouse du Paris FC ? Ce contraste interroge profondément sur le rapport du groupe à La Beaujoire, sur la pression qui y pèse et sur les blocages mentaux qui semblent s’y installer match après match. Les sifflets ne sont sans doute qu’une conséquence. L’énigme, elle, reste entière. »
Bastien AUBERT
« Il est dans son rôle de leader »
« Pour moi, il n’y a rien de scandaleux dans ce qu’a dit Anthony Lopes. Je comprends les arguments du camp opposé : cela fait des mois pour ne pas dire des années que les supporters du FC Nantes s’ennuient ferme, endurent des déceptions à la Beaujoire. Ils ont évidemment le droit de sifflet, surtout après une telle performance face à un adversaire direct. Mais Lopes, lui, est dans son rôle de leader quand il condamne ces sifflets. Il y a des joueurs jeunes, d’autres sensibles dans cet effectif et l’ancien Lyonnais a bien conscience qu’il s’est créé un syndrome Beaujoire dans son équipe. A partir de là, c’est sûr que les sifflets ne risquent pas d’arranger les choses.
Mais passé ce constat, je suis certain que les supporters nantais n’en tiennent pas rigueur au gardien. Lopes est ainsi, il a un caractère bouillant et pas la langue dans sa poche. Cela lui avait valu des prises de bec avec les ultras lyonnais alors que lui-même en est un. On imagine donc très bien qu’à Nantes, avec le côté affectif en moins, il ne va pas hésiter à balancer ses quatre vérités. Je pense d’ailleurs que les supporters ne sont pas les seuls à subir ses critiques. Dans l’intimité du vestiaire, il doit également secouer ses camarades. Je veux voir le bon côté de la chose : avec lui, le FC Nantes tient un leader qui ne baissera jamais les bras et fera tout son possible pour mener à bien l’opération maintien. Quitte à se mettre tout un stade à dos… »
Raphaël NOUET


















