Il y a tout juste un an, Rennes attisait la flamme du derby en mettant en avant Merlin et Rongier, ex-Nantais, avant leur retour à la Beaujoire. Un an plus tard, ces visages familiers incarnent à leur manière les espoirs mais aussi les doutes d’un club qui cherche encore son souffle en Ligue 1 et sur la scène européenne.
Quand Rennes jouait avec le feu avant le derby
Le 19 septembre 2025, le Stade Rennais ne manquait pas d’audace. À trois jours d’un derby bouillant contre Nantes, le club rouge et noir mettait en scène Quentin Merlin et Valentin Rongier, deux anciens de la maison nantaise, dans une vidéo d’entraînement savamment orchestrée. Le clin d’œil n’avait rien d’anodin : Merlin, regard malicieux, et Rongier, sourire aux lèvres, étaient montrés sous toutes les coutures, comme pour rappeler à la Beaujoire que le passé n’est jamais loin. À l’époque, les supporters s’interrogeaient sur la capacité de ces deux joueurs à s’imposer dans un vestiaire parfois frileux envers les ex-Canaris, surtout un Rongier dont le transfert avait déjà suscité des remous côté nantais. Mais Rennes surfait sur une dynamique ambitieuse, entre recrutement ciblé et volonté d’asseoir sa place dans le haut du classement. L’idée était claire : fédérer autour de deux profils qui, malgré leurs origines, devaient symboliser un SRFC conquérant et prêt à défier son histoire.
Un an plus tard : entre attentes, doutes et relance nécessaire
Douze mois ont passé, et le contexte a bien changé. Si Merlin et Rongier sont toujours là, leur trajectoire illustre la période de transition que traverse aujourd’hui le Stade Rennais. Le club a vécu un mercato animé, marqué notamment par le départ de sa pépite Jérémy Jacquet vers Liverpool pour une somme record, signe d’une politique où il faut vendre pour investir. Sur le terrain, le SRFC cherche encore la bonne formule : Franck Haise, nouveau coach, multiplie les ajustements dans son onze, n’hésitant pas à relancer Merlin et Rongier lors des gros rendez-vous, comme celui à Lyon. Mais Rennes avance dans le doute. Les résultats en Ligue Europa restent poussifs, avec une série noire pour Haise qui rappelle les vieux démons de ses passages précédents. Le jeu séduit par intermittence, les nouvelles recrues tardent à s’imposer, et les supporters voient planer le spectre d’une saison sans relief européen. L’état d’esprit affiché il y a un an, entre provocation et union sacrée, laisse aujourd’hui place à une forme d’attente : celle du déclic, du match référence, du geste qui relancera la machine. Merlin et Rongier, fers de lance d’hier, sont désormais des symboles d’un collectif en quête d’identité et d’efficacité. Le clin d’œil d’il y a un an résonne aujourd’hui comme un rappel : la fierté ne suffit pas, il faut aussi des résultats pour écrire l’histoire.




















