Plutôt que de miser sur un transfert supplémentaire, le RC Lens a choisi d’investir sur lui-même. Cet été, le club artésien a consacré 7 M€ à la modernisation de la Gaillette. Un choix fort de Joseph Oughourlian, qui confirme la volonté du Racing de construire un outil capable de soutenir ses ambitions sur le long terme.
Dans un football français où chaque million compte, le choix est loin d’être anodin. Le RC Lens a décidé de « sacrifier » un transfert pour investir dans ses propres infrastructures. Une décision assumée par Benjamin Parrot, directeur général du Racing, et qui résume parfaitement la nouvelle stratégie du club.
Cet été, 7 M€ ont ainsi été injectés dans la Gaillette, le centre d’entraînement lensois installé à Avion depuis 2002. Un investissement qui s’inscrit dans le fameux « plan d’action à trois ans » du club et qui doit permettre au Racing de franchir un nouveau cap, aussi bien dans la performance de son équipe première que dans la formation.
La plaine Varane, nouveau joyau du Racing
La transformation la plus spectaculaire concerne sans doute la nouvelle plaine d’entraînement dédiée aux professionnels. Baptisée plaine Raphaël Varane, en hommage au champion du monde 2018 issu de la formation lensoise, cette nouvelle installation représente à elle seule 3,3 M€ d’investissement. Grande comme deux terrains et demi, elle bénéficie d’une pelouse hybride identique à celle de Bollaert. Une partie de la surface est chauffée afin de permettre aux joueurs de continuer à travailler dans des conditions optimales durant l’hiver.
Un changement majeur pour le groupe professionnel, qui devait auparavant se rabattre sur le synthétique du dôme Éric Sikora lorsque les conditions météorologiques rendaient les terrains extérieurs impraticables. Le terrain repose par ailleurs sur une impressionnante structure destinée à garantir un drainage permanent : 11 000 tonnes de sable et 5 000 tonnes de cailloux ont été nécessaires à sa réalisation. Le Racing prévoit également l’installation de caméras tactiques directement reliées au bureau du staff. L’objectif est clair : faire de la Gaillette un véritable outil de performance au service du haut niveau.
« Investir pour créer et révéler les talents de demain »
Pour Benjamin Parrot, interrogé par L’Équipe, cette stratégie dépasse largement la simple rénovation d’un centre d’entraînement.
« On investit pour montrer aux joueurs que le projet avance, pour créer et révéler les talents de demain, pour augmenter nos actifs immobiliers et par croyance identitaire. »
Et le directeur général lensois assume pleinement ce choix dans un contexte économique pourtant difficile pour les clubs français :
« Plus on est contraint économiquement et plus parfois il faut être ambitieux sur le plan des infrastructures. Cette contrainte vous rend davantage créatif, lié au réel et à ce qui va faire la valeur de demain. »
Le message envoyé est limpide : le RC Lens veut moins dépendre du marché des transferts et davantage valoriser ses propres ressources.
Les professionnels changent complètement de dimension
Les 7 M€ ne concernent évidemment pas uniquement la nouvelle pelouse. Environ 1 M€ a été consacré au nouveau bâtiment de la section féminine, tandis que plus de 2 M€ ont permis de transformer en profondeur l’espace réservé aux professionnels.
Jonathan Gradit et Florian Sotoca, pourtant présents au club depuis 2019, ont ainsi découvert une Gaillette profondément métamorphosée à leur retour de vacances. L’ancien vestiaire a notamment laissé place à un amphithéâtre vidéo, tandis qu’un nouveau vestiaire a été aménagé dans un espace auparavant utilisé comme simple zone de passage vers la cantine.
Cette dernière a également été entièrement rénovée. Le bureau du staff a été repensé et rapproché de celui de l’entraîneur, tandis qu’un nouvel espace balnéothérapie a fait son apparition avec bains froids et chauds, hammam et sauna.
La salle de musculation avait déjà été agrandie la saison dernière. Même les détails du quotidien ont été repensés, avec notamment la création d’un espace permettant de stocker les crampons directement à proximité du terrain.
Le RC Lens veut désormais vivre à la Gaillette
Mais le changement le plus symbolique est peut-être ailleurs. Le RC Lens veut désormais pouvoir tout faire à la Gaillette.
Benjamin Parrot l’explique clairement :
« Avant, les mises au vert de Coupe d’Europe se faisaient dans des hôtels régionaux, désormais ce sera ici. Tout sera fait ici. »
Les joueurs pourront notamment disposer de leur chambre après les entraînements, au retour de déplacements ou après de longs trajets.
Une manière pour le club d’améliorer les conditions de récupération, mais aussi d’optimiser toute l’organisation autour de la performance.
La Gaillette n’est donc plus simplement un centre d’entraînement. Le Racing veut en faire le véritable cœur de son projet sportif.
Et ce n’est pas terminé…
Le chantier de la Gaillette n’est d’ailleurs pas totalement achevé. Après les professionnels et la section féminine, c’est désormais l’Académie qui doit bénéficier d’une importante modernisation.
Les installations dédiées aux jeunes n’ont quasiment pas évolué depuis l’ouverture du centre en 2002. Le Racing entend donc s’attaquer prochainement aux vestiaires et aux équipements afin de remettre l’ensemble au niveau des nouvelles ambitions du club.
Et ce choix est loin d’être anecdotique. Former, développer, valoriser et vendre éventuellement mieux demain : le Racing cherche à construire un cercle vertueux autour de sa formation et de ses infrastructures.
Dans le même temps, le RC Lens prépare déjà son prochain grand chantier avec la transformation des abords de Bollaert, devenu propriété du Racing en décembre. L’arrivée de deux nouveaux actionnaires minoritaires vient d’ailleurs confirmer cette nouvelle étape dans le développement du club.




















