Légende de l’ASSE, Dominique Rocheteau apprécie le visage affiché par les Verts depuis l’arrivée de Ian Cathro. Mais malgré la place de leader occupée par Saint-Étienne en Ligue 2, l’ancien attaquant refuse de céder à l’euphorie. Pour lui, la remontée dans l’élite est encore loin d’être acquise.
Dominique Rocheteau garde un œil attentif sur son club de cœur. À 71 ans, l’Ange Vert continue de suivre les performances de l’ASSE, dont il reste l’une des figures les plus emblématiques. Alors qu’il vient de publier Soif d’idéal, trois ans après le succès de Foot sentimental, l’ancien international français est attendu samedi soir à Geoffroy-Guichard pour la réception de Rodez. L’occasion de retrouver un stade et un public auxquels il demeure profondément attaché.
Dans un entretien accordé au Progrès, Rocheteau est revenu sur les liens indéfectibles qui unissent les héros de 1976. « C’est fabuleux d’avoir gardé ce lien avec mes anciens coéquipiers parce que 50 ans après ce n’est pas évident et on continue à se voir. On était vraiment une équipe de copains. On a grandi, on a été formé ensemble puis on a eu des résultats qui nous ont permis d’aller jusqu’en finale de Coupe d’Europe. »
Une époque dorée qui a forgé la légende des Verts, mais aussi des amitiés durables. « On était presque l’équipe de France à l’époque, on avait des supporters partout. On est devenus des vrais amis et dans ce milieu ce n’est pas évident », souligne-t-il.
Rocheteau séduit par le jeu de Cathro, moins par sa défense
Cinquante ans plus tard, la ferveur stéphanoise reste intacte. Et c’est bien ce qui impressionne Rocheteau. « Il y a pas mal de supporters de tout âge, c’est ça qui est fou. C’est vraiment un club populaire comme Lens ou Marseille. C’est un public très éclectique. »
Cette passion, l’ancien attaquant espère évidemment la voir récompensée par un retour en Ligue 1. Mais pas question pour lui de considérer la montée comme une formalité, malgré le début de saison prometteur des hommes de Ian Cathro.
« Il faut faire attention à la confiance justement. J’aime bien l’équipe actuelle, comment elle joue même si elle prend encore beaucoup de buts. Il faut garder une certaine réserve, humilité. Il ne faut surtout pas s’enflammer malgré l’attente. »
Le message est clair. Rocheteau apprécie les intentions offensives et le football proposé par le technicien écossais. Mais il pointe aussi une faiblesse qui accompagne les Verts depuis plusieurs semaines : leur fragilité défensive. Un problème récurrent qui a déjà coûté des points à Saint-Étienne, notamment lors des déplacements à Dunkerque et à Metz.
Le spectre de la saison dernière invite à la prudence
La mise en garde de Rocheteau prend d’autant plus de sens que l’ASSE a déjà connu pareille situation. La saison dernière, les Verts avaient également réussi leur entame de championnat avant de finir par manquer leur objectif. Un précédent qui doit inciter à la modestie, même si l’effectif actuel semble mieux armé et que Cathro a rapidement imprimé sa patte.
Car le potentiel offensif stéphanois ne fait guère de doute. Avec des joueurs comme Jakob Breum, Zuriko Davitashvili, Thierno Ballo ou Augustine Boakye, les Verts disposent d’arguments sérieux pour faire la différence. Reste à trouver un équilibre collectif et une solidité défensive dignes d’un candidat à la montée.
C’est tout le sens du discours de Rocheteau. À Saint-Étienne, l’enthousiasme peut vite devenir débordant, surtout lorsque l’équipe occupe la première place. Mais la Ligue 2 est un championnat exigeant, où rien n’est jamais acquis. Et après deux saisons de désillusions, les supporters savent mieux que quiconque qu’un bon départ ne garantit pas une arrivée heureuse.
Samedi, face à Rodez, les Verts auront donc une nouvelle occasion de conforter leur statut. Sous les yeux d’un Ange Vert séduit, mais qui attend encore d’être pleinement rassuré.

















