Le défenseur international du PSG, Lucas Hernandez, et sa compagne Victoria Triay, sont au centre d’une affaire judiciaire, accusés de traite d’êtres humains et de travail dissimulé sur la base du témoignage d’une employée colombienne.
Le 14 janvier dernier, une famille colombienne a déposé plainte auprès de la justice française contre Lucas Hernandez et sa compagne. L’ouverture d’une enquête a été confirmée par le parquet de Versailles. Les faits évoqués interrogent : la famille, composée de cinq membres, aurait travaillé au domicile du couple près de Paris, dans les Yvelines, sans avoir de contrat ni de statut légal. Ces allégations surviennent alors que le joueur affiche un palmarès remarquable et occupe une place centrale dans la défense du PSG, suscitant un véritable choc dans l’environnement du football français. Pour en savoir plus sur les éléments reprochés au joueur et à sa compagne, un dossier détaille la procédure en cours.
“Ils nous ont exploités parce qu’on est des migrants” : témoignage exclusif de la plaignante
Au cœur de cette affaire, le récit bouleversant de la plaignante, une jeune Colombienne de 27 ans originaire de Bogota, venue en France sur la promesse d’un avenir meilleur. Ancienne infirmière, elle s’est confiée à « El Pais » et relate avoir rencontré Victoria Triay plusieurs années auparavant, puis été contactée en 2024 pour s’occuper de la fille du couple. Rapidement, ses parents et deux de ses frères rejoignent également la maison du couple Hernandez pour divers postes : ménage, sécurité, courses. Les conditions de travail décrites sont accablantes. La jeune femme dit avoir travaillé quasiment sans relâche, parfois 24 heures sur 24, pour un salaire net de 2 000 euros mensuels. Sa mère et son frère percevaient la même somme tandis que son père touchait 3 000 euros. Aucun ne disposait de contrat signé, ni d’accès à la sécurité sociale. La plaignante évoque même l’utilisation de faux papiers d’identité supposés espagnols, fournis par le couple, pour simuler une démarche de régularisation – une promesse restée sans suite.
« J’ai fait venir toute ma famille en France parce qu’ils nous avaient promis qu’ils nous aideraient à obtenir des papiers si on travaillait pour eux. Ce n’a pas été le cas. On sait maintenant qu’ils nous exploitaient, qu’ils nous faisaient travailler autant d’heures avec des salaires très bas parce que nous sommes des migrants et que nous sommes vulnérables. »
La vie dans l’ombre du prestige : la famille affirme avoir été payée en échange d’une totale discrétion. Un accord de confidentialité est signé au bout d’un an. Mais la précarité du quotidien, notamment l’absence de couverture sociale, pèse lourd.
La version de Lucas Hernandez et de Victoria Triay
Face à ces accusations, Lucas Hernandez et Victoria Triay ont rompu le silence. Le joueur de 29 ans et sa compagne réfutent catégoriquement toute intention malveillante ou mépris de la loi. Selon eux, la famille colombienne aurait “partagé (leur) vie avec respect et dignité”. Ils se disent bouleversés par cette plainte, l’estimant injuste et vécue comme une “épreuve profondément douloureuse”.
Le couple affirme avoir agi en totale bonne foi, soulignant avoir “aidé, soutenu et cru” la famille lorsque celle-ci affirmait être en cours de régularisation. Décrivant une relation fondée sur la confiance, ils déplorent une trahison brutale et persistent à dire qu’ils ont été manipulés, tout en rappelant qu’ils n’ont “jamais agi avec une intention malveillante”.
Ce que l’on sait de l’enquête en cours et des antécédents judiciaires
Désormais, l’enquête confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye doit faire la lumière sur la réalité des faits et la régularité des éventuelles pratiques de travail au sein du foyer Hernandez. Le dépôt de plainte mi-janvier a marqué le coup d’envoi de cette procédure, qui tient en haleine la sphère sportive et judiciaire.
Cette mise en cause résonne d’autant plus fort que Lucas Hernandez, réputé pour sa solidité défensive au PSG comme avec l’équipe de France, a déjà connu un passé judiciaire. En 2019, alors qu’il évoluait encore en Espagne, il avait été condamné à six mois de prison pour non-respect d’une mesure d’éloignement à la suite de violences conjugales avec son ex-femme.
L’affaire actuelle, beaucoup plus lourde sur le plan sociétal, soulève évidemment la question de la présomption d’innocence pour le joueur, auréolé d’une carrière prestigieuse et dont la réputation fait désormais face à l’un des plus grands défis de sa trajectoire.

















