C’est un Roberto De Zerbi offensif qui s’est présenté en conférence de presse, avant le 8e de finale de Coupe de France entre l’OM et le Stade Rennais demain au Vélodrome.
Murillo et le message passé aux joueurs
« Je vous explique clairement. Dans tous les cas, les choses sortent, même les fausses. Vous imaginez alors celles qui sont vraies. La question est très simple. Tout le monde voit les buts encaissés sur les touches, les buts à 13 secondes de la fin. On gagne 1-0, à la 82e on se fait remonter. L’erreur footballistique, je l’accepte. Je le dis toujours et je le pense. Moi, j’en fais plus que tout le monde. Mais il y a une chose que je veux voir chez mes joueurs, qui est primordiale, c’est la faim. Je veux que tout le monde la voie, les dirigeants, les supporters, moi-même. Si je prends une décision de ce genre, c’est parce que j’ai sûrement mes raisons sur le terrain. Murillo, c’est une bonne personne, je l’aime beaucoup, c’est un joueur très fort. Mais si quelqu’un comprend le sens de cette chose, et ça ne vaut pas que pour Murillo, ça vaut pour tout le monde. Qui n’a pas faim, qui n’a pas cette envie, ne vient pas avec moi. S’il faut perdre, on perd. Mais il faut perdre en luttant. Et avec la même faim que Mason Greenwood a eue samedi à Paris. Là, samedi, je peux dire qu’il a atteint vraiment tout ce que je demandais de lui, le fait d’être plus complet. Et je pense que c’est aussi grâce à moi, parce que je l’ai beaucoup poussé d’abord pour lui, ensuite pour le club aussi. De par l’histoire de ce club, on peut faire des erreurs, on peut perdre, mais il faut avoir cette envie, il faut avoir cette faim et lutter. Et celui qui ne lutte pas ne joue pas. C’est ma décision. Oui, c’est une décision personnelle. Je suis payé aussi pour faire ça. Je peux faire des erreurs, oui, peut-être, sans doute. Mais ce sont toujours des décisions prises en bonne foi. En bonne foi, parce que moi je prends toujours ma part de responsabilité. Je ne vois jamais personne d’autre parler devant vous, c’est toujours moi qui suis là. Je prends mes responsabilités quand il y a des défaites. Mais s’il y a la faim. Et je pense que parfois, ça a un peu manqué. »
« Après le 3-0 à Bruges, si je vois deux joueurs qui discutent de manière animée sur le terrain, ça m’énerve encore plus. Après le 3-0, il faut se taire, courir, ne pas se plaindre. Ne pas parler, s’excuser et courir. Sinon, ça devient un problème pour moi. Je l’ai dit avant. Murillo est un des rares joueurs qui est venu manger chez moi. Il sait combien d’embrassades je lui ai faites, combien d’affection je lui ai donnée. Mais moi, j’ai besoin de gens qui ont faim, qui sont prêts à ne pas savoir quel jour est demain et à continuer. Sinon, on continuera à prendre des buts sur des touches. C’est la faute du coach qui ne fait pas les bons changements, qu’on ne change pas à la 80e minute parce qu’il y a des crampes. Mais tout le monde doit être dans le même bateau. Moi, je confirme ce que je fais. J’ai une bonne conscience. Je peux faire des erreurs sur le terrain, les joueurs aussi. Mais sur le terrain, il faut avoir faim. C’est l’aspect principal. Après, il y a d’autres choses qui suivent. C’est clair. Concernant Kondogbia et Vermeeren, ils se sont pris la tête sur le terrain. Mais moi, je paierais pour que mes joueurs se prennent la tête tous les jours sur le terrain. Ce sont des choses liées au football. Sur le terrain, c’est une chose. Une demi-heure après, dans le vestiaire, c’en est une autre. Il ne s’est rien passé. C’est normal qu’il y ait des échanges animés sur le terrain. »
Aguerd et Paixao incertains, Emerson de retour ?
« Il y a deux doutes concernant Aguerd, qui a un problème à l’adducteur, et Paixao, qui est sorti un peu irrité contre Paris. À part eux, les autres devraient être en forme. Et Emerson, aujourd’hui, devrait revenir. On va voir comment il se sent, mais il pourrait être disponible. »
Le Stade Rennais, un tournant ?
« Oui, je suis d’accord. Comme ça l’était à Bruges aussi, comme au Koweït. Il y a toujours, dans une saison, des matchs les plus importants de la saison. Ce n’est pas un match comme les autres. Au Koweït, c’était un trophée. À Bruges, si on avait gagné, on aurait pu jouer le barrage contre l’Olympiakos, puis peut-être affronter le Real Madrid. C’est ce qui m’énerve encore plus. »
La réunion avec les supporters
« En ce moment, on est en tort. Quand tu es en tort, il faut demander pardon, présenter tes excuses, essayer de progresser et de faire les choses du mieux que tu peux. Le Vélodrome est comme un miroir. Ce que tu donnes sur le terrain te revient. Demain, il faudra être prêt aussi à recevoir des sifflets, à être hué, parce que c’est le football. Ça fait mal, évidemment, mais il faut assumer et essayer de changer les choses. Sur la qualité des personnes que j’ai dans mon vestiaire, je mettrais ma main au feu. Les difficultés qu’on rencontre sont évidentes, on ne peut pas se cacher. Quand tu es redevable, tu dois te taire. On a besoin des supporters, du bon Vélodrome, mais le Vélodrome a toujours été là depuis mon arrivée. Il nous a toujours aidés pendant les matchs. Après, c’est à nous, aux joueurs et au staff, de bien entrer dans le match pour entraîner les supporters avec nous. Tout commence par nous. »
Le mercato
« D’abord, les choses se font aussi pour des questions de club, de bilan. Il n’y a pas que des questions techniques en jeu. Quand on parle de bilan, par exemple, Matt O’Riley est un joueur en prêt. Quand on a Abdelli et Nnadi, ce sont deux joueurs qui appartiennent au club. Pour O’Riley, surtout, il jouait peu, il était venu pour jouer, et avec l’arrivée de Nwaneri et de Timber, il aurait encore eu moins de temps de jeu. Donc on prend ce genre de décision. Pour d’autres départs, comme Robinio (Vaz), Bakola, Maupay, Ulisses Garcia ou Lirola, ce sont des sorties de bilan, du point de vue économique. En ce qui concerne Angèle Gomes, s’il devait partir, ce serait pour jouer, pour partir en prêt. Nwaneri, Timber, Abdelli et Nnadi sont de bons joueurs, je pense. Après, évidemment, il faut du temps. Mais comme vous l’avez vu avec Timber et Nwaneri, quand les joueurs sont forts, le temps est toujours moins nécessaire. »
« Moi, j’essaie de mettre les joueurs à leur poste. Après, évidemment, les changements arrivent parce qu’il y a des joueurs qui veulent jouer. Et dans le football, on n’offre la place à personne. Il faut aussi tenir compte des difficultés que comporte Marseille. Vous savez mieux que moi ce que ça veut dire jouer à Marseille pour un joueur, et pour un entraîneur, entraîner l’Olympique de Marseille. Beaucoup de joueurs souffrent de cet environnement. Ce que fait le club dans les changements, dans les achats, il le fait pour améliorer l’équipe, même du point de vue du patrimoine. Parce que je pense qu’Abdelli et Timber sont très forts, ce sont des milieux très forts, et ils ne sont pas en prêt. Nnadi aussi, vous le connaîtrez. Ce sont des joueurs du club. »
Propos retranscrits par le Phocéen





















