Le projet de reprise du FC Nantes par Phenix Sport Invest, porté par Paulo Tavares, devra franchir un obstacle décisif : le contrôle de la DNCG. Depuis la réforme du sport professionnel, l’instance dispose du pouvoir de rejeter une vente. Un accord entre vendeur et acheteurs ne suffira donc pas à garantir le changement de propriétaire.
Dans le dossier du rachat du FC Nantes, les négociations ne sont qu’une partie du chemin. Alors que le projet porté par Paulo Tavares avance, une étape pourrait peser lourd sur son aboutissement : l’examen par la Direction nationale du contrôle de gestion.
Comme le rapporte L’Équipe, cité par Tribune Nantaise, les pouvoirs du « gendarme financier » ont été renforcés cet été. Pour Phenix Sport Invest, il faudra donc convaincre au-delà du montant proposé pour reprendre les Canaris.
Les repreneurs vont devoir montrer patte blanche
La loi du 3 août 2026 élargit le contrôle des changements d’actionnaires. La DNCG doit notamment examiner les participations du candidat dans d’autres clubs, le respect des règles de multipropriété et ses résultats financiers sur cinq ans. Les comptes des clubs qu’il contrôle ou a contrôlés peuvent également entrer dans l’analyse.
Pour le projet nantais, l’enjeu sera donc de présenter des garanties suffisamment solides. Les ambitions affichées devront s’appuyer sur un dossier capable de rassurer l’instance sur la viabilité de la reprise.
Le prix annoncé ne constituera pas, à lui seul, un feu vert pour prendre les commandes du FC Nantes.
Un feu vert, une suspension… ou un rejet
La DNCG peut approuver le projet, éventuellement avec des conditions ou des réserves, le suspendre jusqu’à trois mois pour mener des vérifications supplémentaires, ou le rejeter. Ce rejet est toutefois encadré : il suppose un risque prévu par la loi qu’aucune condition ni réserve ne permet de prévenir.
Le passage devant l’instance ne sera donc pas une simple formalité. Il pourra permettre à la reprise d’avancer, imposer des ajustements ou stopper le projet présenté.
Cela ne signifie pas que le dossier Tavares sera refusé. Mais son issue ne peut pas être considérée comme acquise avant cet examen.
Passer en force exposerait le club à de lourdes sanctions
Une vente conclue malgré une suspension ou un rejet exposerait la société sportive à des sanctions pouvant aller jusqu’à une interdiction d’accession, une rétrogradation ou une exclusion des compétitions, selon la gravité du manquement.
Pour Paulo Tavares et ses partenaires, convaincre la DNCG constituera ainsi un rendez-vous majeur. Le changement de propriétaire espéré à Nantes devra passer par cette validation : le gendarme financier peut désormais ouvrir la voie à la reprise, mais aussi lui fermer la porte.

















