Rarement une recrue aura suscité autant d’incompréhension sur les pelouses du Parc des Princes. En 2008, alors que le PSG végète loin des projecteurs de l’ère qatarie, l’arrivée d’Everton Santos devait incarner un vent de fraîcheur brésilienne. Seize ans après, l’ancien attaquant lève le voile sans concession sur son bref passage parisien, entre désillusions, regrets et critique frontale de la gestion des talents étrangers.
Un recrutement express : attentes et désillusion
Début 2008, un PSG loin des sommets tente un pari risqué : deux Brésiliens débarquent dans l’anonymat quasi complet, Everton Santos et Williamis Souza. L’équipe patauge, classée douzième au soir du mois de janvier, et le mercato d’hiver s’apparente à une bouée de sauvetage hasardeuse.
- Everton Santos, attaquant véloce, quitte Corinthians à 21 ans, sans même avoir le temps de dire adieu à sa famille.
- Williamis Souza, défenseur central au potentiel prometteur, suit le mouvement, mais n’aura pas la même destinée tragique.
Dans ce climat d’urgence, Alain Roche, alors responsable du recrutement, avouera plus tard une décision prise « dans la panique totale », sans la moindre lucidité. Le résultat, Everton ne le découvrira que trop vite.
Une déclaration fatale et un accueil glacial pour Everton Santos au PSG
À peine le temps de respirer que le jeune Brésilien déclenche, sans le mesurer, une tempête médiatique. « J’ai le même style de jeu que Robinho. Au Brésil, on me compare à lui », lance-t-il à son arrivée. Le vestiaire s’en amuse, les supporters s’emballent, mais le mythe s’effondre dès les premiers entraînements.
Rapidement, Everton hérite du surnom moqueur de « Jean-Claude Robignaud ». L’humour grinçant des anciens, comme Sylvain Armand, souligne l’écart criant entre l’image vendue et la réalité sur le terrain. À cet âge, à l’étranger, sans expérience ni maîtrise du français, la claque est brutale.
Son temps de jeu ne dépasse pas 106 minutes, réparties sur 3 maigres apparitions, avant une série de prêts éclair au Brésil, au Japon et en Corée du Sud, qui scelleront la fin de son aventure parisienne. L’histoire d’un expatrié trop vite catalogué.
Les raisons d’un échec assumé
Aujourd’hui, le regard de l’ancien avant-centre est acéré : « C’était une énorme erreur », admet-i dans Le Parisien. Everton voulait simplement insister sur sa rapidité, sa légèreté, sans jamais se mettre au niveau de Robinho. Mais l’amplification médiatique ne lui aura laissé aucun répit.
Dans un vestiaire méfiant, souvent peu enclin à l’intégration des nouveaux venus, l’attaquant reconnaît avoir encaissé moqueries et regards suspicieux. Sans repères, il peine à s’imposer et à gagner sa place, même s’il souligne le soutien ponctuel de certaines figures comme Pauleta ou Mario Yepes.
- Débarqué sans préparation, il s’isole rapidement du groupe.
- Le manque de maturité et l’isolement familial cristallisent le sentiment d’échec.
- Prêts successifs à Fluminense, Goias, Ponte Preta ou encore Seongnam, sans jamais retrouver la lumière.
Everton Santos charge la gestion du PSG
Avec le recul, l’attaquant n’esquive pas sa part de responsabilité : « J’aurais pu agir différemment, emmener ma famille, être plus ferme… » Mais il pose aussi un constat sévère sur le rôle du club. Pour lui, le PSG n’a jamais su accompagner les jeunes talents étrangers, préférant les laisser seuls face à un choc culturel souvent violent.
Il s’interroge notamment sur la vraie volonté du club d’intégrer des profils venus d’ailleurs : « Un club qui recrute un joueur de 21 ans doit être plus prudent. Il y a eu un manque de tact, d’empathie, de soutien. »
Son histoire fait écho à des situations récentes – Gabriel Moscardo au PSG, Vitor Roque à Barcelone, Endrick au Real Madrid – où l’exil européen s’accompagne d’une gestion perfectible. Pour Everton, rien n’a changé : « Cela continue de se produire. » Si sa trajectoire à Paris fera couler beaucoup d’encre, Everton Santos assume aujourd’hui son parcours. Malgré la frustration, il indique qu’il referait sans doute le même choix, attiré par le prestige du club.





