ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Partir à point, sur le terrain aussi »

Ancien responsable des sports au progrès, Didier Bigard fait le point sur le Mercato de l’ASSE. Qu’il juge intéressant.

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point ». Loin de nous l’idée d’engager un débat philosophique sur Jean de la Fontaine. Le bac est passé et c’est sur le football qu’on disserte ici. Si nous révisons nos classiques, c’est que ce proverbe vient à l’esprit pour qualifier le début de mercato de l’ASSE. Il a rarement démarré aussi vite, boosté par la qualification de l’équipe pour la phase de groupe de la Ligue Europa. Celle-ci a facilité les tractations, à double titre même.

Sans l’incertitude des matches préliminaires et de barrage les dirigeants stéphanois ont pu se projeter plus loin et construire un groupe sans crainte qu’il devienne pléthorique après une élimination prématurée. Ils savent qu’il faudra du monde pour tenir le choc, au moins jusqu’en décembre. On les a trop souvent vu hésiter ces dernières saisons, avant de se précipiter dans les dernières heures du mercato.

Un Mercato bien préparé en amont

Il est plus facile également de convaincre  un joueur quand on lui chuchote la musique de l’Europe, même si ce ne sont pas encore les notes adaptées de Haendel. La Ligue Europa, c’est ce qui a permis à Saint-Etienne de lutter avec Rennes pour s’attacher les services de Denis Bouanga comme la saison précédente pour Wahbi Khazri. C’est aussi ce qui a décidé Zaydou Youssouf et Sergi Palencia même si tous deux insistent sur le facteur magique de Geoffroy-Guichard. Le premier se dit « pressé de rencontrer les supporters » quand le second évoque « la ferveur et l’atmosphère de ce stade mythique ».

Sans vouloir briser cette idylle naissante, on ajoutera quand même que le chant des sirènes foréziennes a été bien rythmé par les deux actionnaires. Ils ont su faire les efforts nécessaires pour accompagner Fréderic Paquet et David Wantier, répondre aux souhaits de Ghislain Printant dont on a bien compris qu’il ne se satisferait pas des arrivées de Moukoudi, Honorat et Sissoko, d’ailleurs en transit.

Pour revenir à notre fable, on se gardera d’appeler tortues les décideurs stéphanois et en particulier le patron de la cellule recrutement. Ils sont partis à temps sur ce marché estival parce qu’ils l’ont bien préparé en amont. Cela suffira-t-il pour autant à devancer les lièvres de la L1 (on attendra la composition des poules pour évoquer les adversaires européens)?

Un effectif bankable, voilà qui pourrait convaincre un nouvel actionnaire…

Le dénouement d’une saison n’est pas toujours aussi limpide que la chute d’une belle fable et il va falloir ajouter quelques lignes à l’histoire pour rivaliser avec les meilleurs. Après avoir bouclé le dossier Kolodziejczak dans le sens souhaité par Ghislain Printant, digne successeur de Jean-Louis Gasset dans son plan de recrutement, il s’agira de trouver deux vraies pointures pour renforcer l’équipe devant et au milieu, lui donner de la vitesse et de l’efficacité, comme semble le souhaiter le nouveau coach des verts. Sans rien lui enlever de son équilibre défensif, donc en gardant William Saliba… On touche au chapitre départs, celui sur lequel les patrons du club attendent Frédéric Paquet et David Wantier, pour faire table rase de tous les échecs des dernières saisons, Diousse, Tannane, Lacroix… En misant sur des joueurs « à fort potentiel » ou qui possèdent « une grande marge de progression » pour reprendre les termes du directeur général du club, l’ASSE entend les faire oublier et assurer l’avenir. Il peut passer par l’arrivée d’un actionnaire qu’un effectif bankable aiderait à convaincre… Mais attention à ne pas rater l’autre départ, le vrai, sur le terrain. »

Didier BIGARD