L’ASSE a concédé un piètre match nul à domicile face à Bastia (2-2), lanterne rouge de Ligue 2, samedi soir, sous les sifflets de Geoffroy-Guichard. Ivan Gazidis a assisté à la rencontre. Reste à avoir quelles conclusions il en tirera…
Après sa défaite à Dunkerque (0-1), l’ASSE n’a pu faire mieux que match nul hier soir face à Bastia (2-2), dans un Chaudron privé de son kop nord mais qui a fait entendre une belle bronca au coup de sifflet final. Les Verts avaient rejoint les vestiaires sous les sifflets à la mi-temps et ils ont eu droit aux huées de Geoffroy-Guichard en quittant le stade. Bastia, qui peut remercier Placide, son gardien, héroïque hier soir, a profité des cadeaux de la défense verte pour inscrire ses deux premiers buts de la saison à l’extérieur, et d’un penalty tiré bien trop mollement par Tardieu en fin de match pour repartir du Chaudron avec un point qu’il n’a vraiment pas volé.
Horneland n’y arrive pas, son équipe ne progresse pas
L’ASSE, elle, a confirmé ses difficultés du moment. Alors qu’Eirik Horneland avait programmé la reprise de l’entraînement dès la mi-juin afin que son équipe donne sa pleine mesure à partir d’octobre, selon ses propres mots, c’est exactement le contraire qui se passe : invaincu lors des 7 premières journées de L2, l’ASSE flanche depuis la fin septembre et elle vient de perdre 5 de ses 10 derniers matchs, pour 4 victoires et 1 nul. Un rythme qui n’est pas du tout celui d’un candidat à la montée, et encore moins celui d’un club censé écraser un championnat avec 45 M€ de budget alors que le deuxième plus gros budget de L2 atteint péniblement les 20 M€. Annoncée comme « le PSG de la L2 », l’ASSE a investi à elle seule 25 M€ sur les 26 M€ dépensés l’été dernier par les clubs de L2. Mais ses résultats déçoivent. Horneland l’a reconnu : les Verts sous-performent et sont très en dessous des attentes. Avec une 2e place au classement, partagée avec le promu manceau, l’ASSE reste dans la course à l’accession la mi-saison, mais Troyes pourrait compter 5 points d’avance en cas de victoire contre Boulogne-sur-Mer demain, et le Red Star pourrait aussi passer devant si la LFP lui donne match gagné à Bastia, ce qui est fort probable. Horneland, en disant que l’équipe devra faire beaucoup mieux « avec moi ou un autre », samedi soir, a laissé entendre qu’un changement de coach était peut-être à envisager.
Que va faire Kilmer Sports ?
C’est ce qui alimente toutes les conversations ces dernières semaines et la cote du Norvégien est au plus bas, encore plus après Bastia. Ivan Gazidis, le très discret président de l’ASSE, qui réside à New York et délègue la gestion du club à son bras droit Huss Fahmy (mais où a-t-on déjà vu ça?), était présent hier à Geoffroy-Guichard. Après avoir assisté à la victoire contre Pau (6-0) il y a deux mois, l’ancien dirigeant d’Arsenal et de l’AC Milan a pu se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Un an après avoir mis Horneland en place, six mois après être retombé en L2, le Norvégien est dans le dur. Il s’appuie sur la meilleure attaque de L2 mais celle-ci repose sur la 16e défense. Une défense tellement fragile qu’elle a encaissé des buts en Coupe de France contre une R2 et une R3, et qu’elle vient d’en encaisser deux contre une équipe de Bastia qui n’en avait pas mis un seul loin de Furiani jusqu’ici ! En voyant le fiasco, Gazidis a dû se demander où étaient passées les recrues estivales et les 25 M€ dépensés. Un fiasco là aussi, comme le recrutement de l’été 2024 et celui de l’hiver 2025… Cette succession de mauvais choix ne tire vraiment pas l’ASSE vers le haut. Horneland a remplacé Dall’Oglio il y a un an et devait incarner le projet KSV censé ramener bientôt l’ASSE en Coupe d’Europe. Mais malgré les belles promesses et les millions d’euros, ce projet ressemble pour l’heure, malheureusement, à un échec retentissant. On devrait vite savoir comment Gazidis compte s’y prendre pour le faire enfin décoller, s’il fermera les yeux et restera les bras croisés en se disant « c’est bon, ça va passer » comme l’an dernier pour maintenir le club en L1, ou s’il prendra les choses en main et fera ce qu’il faut pour rectifier ce qui doit l’être, tant qu’il est encore temps…




















