Roberto de Zerbi a-t-il eu raison de torpiller Leonardo Balerdi en conférence de presse après Monaco (1-0) ? Nos deux journalistes Bastien Aubert et Raphaël Nouet lancent le débat.
« De leader à banni, vraiment ? »
« Roberto De Zerbi semble se tromper en s’acharnant sur Leonardo Balerdi. L’Argentin, malgré quelques passages à vide, reste un élément central de la défense de l’OM et a été installé comme leader par le coach lui-même. Il s’est donc déjugé tout seul en public. À mi-saison, il me semble par ailleurs que son équipe fait face à des problèmes bien plus urgents, que ce soit la gestion des blessures, les rotations offensives ou encore le fonds de jeu proposé, et se focaliser sur Balerdi serait un moyen de détourner l’attention de ces priorités.
S’attaquer à lui à ce moment précis donne l’impression que l’Argentin devient le fusible idéal pour canaliser les tensions internes mais c’est un choix risqué qui pourrait déstabiliser le vestiaire. Il est cependant possible que cette pression subite ait aussi une logique stratégique : préparer le terrain pour un transfert lors du mercato, en mettant Balerdi sous les projecteurs et en testant sa réaction avant de prendre une décision définitive sur son avenir. »
Bastien AUBERT
« Evidemment ! »
« Je soutiens totalement Roberto De Zerbi face à Leonardo Balerdi. Ça fait cinq ans que l’Argentin est à l’OM et même s’il a bien progressé, notamment sous les ordres d’Igor Tudor, qui évoluait au même poste que lui, en 2022-23, il reste trop souvent sujet à des sautes de concentration qui pénalisent grandement l’équipe. Pourtant, comme l’a dit l’Italien, il a tout pour faire une grande carrière, à commencer par un physique énorme et une très bonne technique. Mais mentalement, il sort trop souvent de ses matches et, la plupart du temps, c’est uniquement de sa faute. Les Argentins sont des chambreurs sur le terrain, c’est acté. Mais tous ne l’ont pas été, à commencer par le capitaine des champions du monde 1978, Daniel Passarella. Balerdi devrait s’inspirer de lui, en se concentrant sur sa tâche sans parler à ses adversaires.
On l’a vu contre Toulouse : le défenseur de l’OM s’est embrouillé avec tout le monde quand il était sur le banc et a continué quand il est entré. Et à l’arrivée, il n’était pas bien placé sur l’égalisation du TFC dans le temps additionnel. Il a 26 ans, c’est le moment de franchir un cap à ce niveau. Et s’il doit cirer le banc pendant quelque temps pour cela, je suis totalement pour. L’OM a des remplaçants largement à la hauteur. D’ailleurs, que ce soit Benjamin Pavard ou Nayef Aguerd, on notera qu’aucun des deux ne perd son temps à tenter de déstabiliser ses adversaires en leur parlant… »
Raphaël NOUET




















