Arrivé sur le banc de l’Olympique de Marseille en cours de saison après le départ de Roberto De Zerbi, Habib Beye devait incarner le renouveau. Quelques semaines plus tard, le constat est beaucoup plus nuancé. Battu par le LOSC (1-2) lors de la 27e journée de Ligue 1, l’OM voit sa troisième place menacée et son nouvel entraîneur déjà contesté. Entre résultats irréguliers, choix tactiques discutés et ambiance tendue au Vélodrome, le début de l’ère Beye ressemble davantage à une course contre la montre qu’à une montée en puissance.
Un bilan contrasté qui fragilise la course au podium
Sur le plan comptable, les chiffres parlent d’eux-mêmes : trois victoires pour trois défaites depuis la prise de fonction du technicien franco-sénégalais. Une dynamique insuffisante pour un club qui vise une qualification directe en Ligue des champions.
Face à Lille, les Marseillais avaient pourtant bien débuté, ouvrant le score grâce à Ethan Nwaneri. Mais comme trop souvent cette saison, l’équipe a sombré après la pause, incapable de contrôler le tempo du match ou de gérer ses temps faibles. Résultat : une nouvelle défaite qui entretient le doute autour du projet sportif.
Si l’OM conserve encore sa place sur le podium, c’est davantage grâce aux contre-performances de ses concurrents que par la force de ses propres résultats. Dans un sprint final qui s’annonce intense, cette irrégularité pourrait coûter très cher.
Des choix forts qui interrogent observateurs et supporters
Au-delà du classement, ce sont surtout certaines décisions d’Habib Beye qui font débat. La gestion de Leonardo Balerdi, par exemple, cristallise les critiques. Malgré plusieurs erreurs individuelles ces dernières semaines, le défenseur argentin continue d’être titularisé, incarnant pour beaucoup les hésitations défensives de l’équipe.
En attaque aussi, les interrogations sont nombreuses. Pierre-Emerick Aubameyang peine à retrouver son efficacité, tandis qu’Amine Gouiri et Igor Paixão semblent aujourd’hui les éléments les plus inspirés offensivement. La titularisation régulière du Gabonais, malgré ses difficultés, nourrit les discussions.
La situation d’Ethan Nwaneri a également surpris. Entré en jeu après la blessure de Mason Greenwood, le jeune prêté d’Arsenal a marqué… avant d’être remplacé dans le dernier quart d’heure. Un choix qui a laissé perplexe une partie du public, d’autant que l’Anglais avait montré sa capacité à faire basculer un match.
Une pression populaire déjà très forte autour de Beye
Dimanche soir, les sifflets du Vélodrome ont confirmé la nervosité ambiante. Les supporters marseillais, marqués par une saison déjà compliquée (élimination prématurée en Ligue des champions et en Coupe de France), attendent des signaux forts.
Au coup de sifflet final, Habib Beye a préféré pointer certains faits de jeu défavorables.
« C’est une déception. On ouvre la marque mais on a eu plusieurs décisions arbitrales contre nous. On n’a jamais su contrôler le match et aller chercher le résultat », a-t-il regretté.
Un discours qui traduit autant la frustration que l’urgence de la situation. Car si l’OM veut sécuriser une place sur le podium, il devra rapidement retrouver une identité claire et une constance dans les performances.
Un tournant décisif après la trêve internationale
La trêve arrive donc à point nommé pour permettre au staff de corriger certains déséquilibres. Mais le calendrier ne laissera aucun répit : un déplacement crucial à Monaco attend les Marseillais début avril.
Plus que jamais, Habib Beye joue déjà gros. Arrivé avec l’image d’un entraîneur moderne et ambitieux, il doit désormais prouver qu’il peut transformer le potentiel marseillais en résultats concrets. Dans un club où la patience est rarement une vertu, la suite de la saison pourrait bien déterminer l’avenir du technicien sur la Canebière.




















