À LA UNE DU 27 MAI 2026

OM : une nouvelle polémique a éclaté, elle est désamorcée aussitôt

La programmation du 16e de finale Bayeux-OM, placée un mardi soir en Coupe de France, a mis le feu aux réseaux sociaux. beIN Sports, pointée du doigt, a tenu à clarifier son rôle dans cette décision, tandis que la Fédération française de football et le club amateur préfèrent dépasser la controverse. Décryptage complet d’une séquence où enjeux sportifs, logiques télé, et réalités du foot amateur s’entrechoquent.

Pourquoi le match se joue un mardi ? Les contraintes du calendrier

La date du match Bayeux-OM, fixée au mardi 13 janvier, n’a rien d’un choix délibéré ou isolé. La raison première se trouve dans un calendrier imbriqué : le Trophée des champions se jouera à Koweït City le jeudi précédent, opposant le PSG à Marseille. Cette affiche internationale impose un retour tardif des deux équipes en France, ce qui bouleverse l’organisation du tour suivant de la Coupe de France.

Pour anticiper, la FFF avait d’ailleurs averti l’ensemble des clubs concernés : si Paris ou l’OM se hissaient en 16es de finale, leurs matchs seraient respectivement programmés lundi et mardi. Les discussions internes ont bien envisagé d’autres options, mais l’agenda saturé de la Ligue 1 et le voyage longue distance rendaient intenable une autre organisation.

beIN Sports contre-attaque : « Nous ne sommes pas organisateurs »

Poussée dans ses retranchements par une volée de reproches en ligne, la chaîne beIN Sports a estimé qu’il fallait remettre les pendules à l’heure. « Nous, on est diffuseur. On n’est pas l’organisateur et encore moins en charge des calendriers. Alors il n’y a pas de polémique », insiste Florent Houzot pour L’Équipe, figure emblématique de la rédaction.

beIN Sports rappelle qu’elle n’a absolument pas la main sur le choix du mardi : ni sur la date du Trophée des champions, ni sur l’affiche Paris-Marseille, ni sur le fait que des clubs amateurs se retrouvent un soir en semaine face aux projecteurs nationaux. D’ailleurs, l’argument n’est pas nouveau, comme l’expliquait récemment l’intéressé dans cette mise au point éclairant le rôle du diffuseur sur la Coupe.

La Fédération française de football justifie ses choix

Du côté de la FFF, c’est la complexité de la saison qui domine. « Les calendriers sont devenus complexes (…) On a fait au mieux et on est bien ennuyés de cette polémique vis-à-vis de beIN Sports qui fait tout pour raconter les plus belles histoires de la Coupe », confie Christophe Drouvroy, directeur des compétitions nationales. Rapidité des enchaînements, calendrier européen, et maintenant des compétitions délocalisées comme le Trophée des champions brouillent la donne — sans oublier la Ligue 1 qui reprend dès le vendredi suivant pour le PSG.

Si plusieurs hypothèses ont été abordées, comme placer le match le dimanche soir, le retour du Koweït couplé à la volonté de garder un minimum de récupération pour les pros a conduit à cette répartition : PSG lundi, OM mardi. Les clubs avaient été formellement prévenus à l’aube des 32es de finale.

A Bayeux, l’émotion l’emporte sur la polémique

Pendant ce temps, à Bayeux, le débat semble presque surréaliste : loin de l’agitation, le club normand savoure son conte de fées. « Il n’y a aucun débat nous concernant. On sait la chance qu’on a, nous club de R1, de pouvoir vivre une telle rencontre », résume son président, Luis Ferreira-Pavesi. Pour l’équipe amateur, ce rendez-vous à Caen, dans un stade plein, dépasse les considérations calendaires. Jouer contre l’OM, être solidaire face aux exigences du haut niveau, vivre la fête, c’est bien là l’essentiel.

Le message du dirigeant est clair : « Même si ce sont des pros, ils ne sont pas des machines. Pour nous, ce sont des contraintes et on doit s’adapter. (…) Ce sera la fête du club et de la Normandie ». À Bayeux, on s’active pour l’événement, pas pour les polémiques.

Enjeux d’exposition et d’équité pour la Coupe de France

Reste une question d’équité et d’exposition médiatique. Depuis 2022, la FFF mise sur la diffusion intégrale des rencontres dès les 32es : une révolution pour la Coupe de France, particulièrement bénéfique pour les clubs amateurs. « Grâce à beIN, depuis 2022, la Coupe de France a une exposition qu’elle n’a jamais eue, puisque à partir des 32es, tous les matches sont diffusés en intégralité », rappelle Houzot. Le diffuseur aurait pu opter pour des affiches le vendredi soir, mais a préféré privilégier les multiplex et des primes samedi, dimanche… et forcément des soirs en semaine quand l’agenda du football pro l’impose.

Le football au-delà des débats : la Coupe reste une fête populaire

Derrière la tempête, un constat demeure. La Coupe de France conserve cette capacité unique à faire vibrer les villes et les supporters, sans distinction de rang. Les débats sur la programmation sont légitimes mais ne sauraient éclipser l’engouement réel, sur le terrain et en tribunes. À Bayeux comme devant la télévision, l’essence du football réapparaît, portée par des histoires humaines plus fortes que les polémiques de calendrier.

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