C’est un retour qui tombe au moment le plus délicat. À l’AS Saint-Étienne, Joao Ferreira est de nouveau disponible… mais rien ne garantit qu’il retrouvera une place dans les plans de Philippe Montanier. Bien au contraire.
Un retour qui interroge plus qu’il ne rassure
Sur le papier, le retour de Joao Ferreira pourrait apparaître comme une bonne nouvelle. Dans les faits, il soulève davantage de questions.
Aligné à 14 reprises cette saison, dont 11 titularisations en Ligue 2, le latéral portugais n’a jamais réellement convaincu. Son bilan reste modeste : un but, une passe décisive, et surtout une influence défensive jugée insuffisante.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec lui sur le terrain, l’ASSE encaissait en moyenne 1,42 but par match en début de saison. Sans être l’unique responsable, Ferreira n’a jamais réussi à apporter la stabilité attendue dans son couloir.
À cela s’ajoutent des erreurs récurrentes, plusieurs avertissements et une expulsion évitable face à Boulogne. Un épisode marquant, suivi d’une blessure à la main après un geste d’humeur, qui a clairement cassé sa dynamique.
Pedro a changé la donne
L’absence de Ferreira a ouvert une brèche… que Kévin Pedro a parfaitement exploitée.
Depuis janvier, le jeune défenseur s’est imposé comme une évidence. Plus rigoureux défensivement, plus constant, mais aussi capable d’apporter offensivement, il a rapidement gagné la confiance du staff.
Le contraste avec Ferreira est net : moins d’erreurs, plus de maîtrise, une lecture du jeu plus aboutie. Résultat, la hiérarchie au poste de latéral droit a été totalement redistribuée.
Dans ce contexte, Ferreira ne revient pas comme un titulaire en puissance, mais comme une solution secondaire.
Montanier face à un choix délicat
Pour Philippe Montanier, la situation est claire : l’ASSE joue la montée et chaque décision doit servir la performance immédiate.
Difficile, dans ces conditions, de bouleverser un équilibre qui fonctionne. D’autant que d’autres options existent, comme Dennis Appiah, dans un registre plus défensif.
Même un changement de système avec des pistons, qui pourrait théoriquement convenir à Ferreira, semble peu probable. La dynamique actuelle pousse le staff à limiter les ajustements.
Un dossier aussi sportif qu’économique
Au-delà du terrain, le cas Ferreira pose aussi une question stratégique. Sous contrat jusqu’en 2029, le Portugais représente un investissement important pour le club.
Deux options se dessinent :
Relancer progressivement le joueur, en lui offrant du temps de jeu ciblé pour tenter de le remettre dans le rythme
Ou l’exposer sur cette fin de saison pour le valoriser en vue d’un départ lors du prochain mercato
Mais là encore, la réalité sportive rattrape la réflexion. Avec un Kévin Pedro performant, les opportunités seront rares.
Une fin de saison sous pression
Pour Joao Ferreira, ce retour ressemble davantage à un test qu’à une seconde chance.
Il devra convaincre vite, avec peu de temps de jeu, dans un contexte où l’exigence est maximale. Son profil reste intéressant, notamment dans un rôle de piston, mais rien ne garantit qu’il puisse inverser la tendance.
À l’AS Saint-Étienne, la priorité reste la montée. Et dans cette équation, Ferreira n’est aujourd’hui plus une évidence.
La fin de saison s’annonce donc décisive pour son avenir.







