Nouvel entraîneur de l’AS Saint-Étienne, Ian Cathro ne veut pas se contenter de réussir son adaptation sportive. Malgré un calendrier chargé et des journées rythmées par les doubles séances, le technicien écossais prend plusieurs cours de français par semaine. Une démarche qu’il considère indispensable pour respecter l’histoire et l’identité des Verts.
Cathro refuse de rester dans sa zone de confort
Depuis son arrivée dans le Forez, Ian Cathro affiche une détermination particulièrement forte. Le nouvel entraîneur stéphanois travaille évidemment sur son équipe, ses principes de jeu et la préparation de la saison. Mais un autre chantier occupe une place importante dans son quotidien : l’apprentissage du français.
Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube officielle de l’ASSE, l’Écossais a expliqué pourquoi la maîtrise de la langue représentait une priorité absolue à ses yeux.
« Je ne parle pas bien le français, mais c’est très, très, très important de parler français pour respecter l’identité de la région, du club. »
Une déclaration révélatrice de son état d’esprit. Cathro aurait pu choisir de communiquer essentiellement en anglais, notamment avec un effectif particulièrement international. Il refuse pourtant de s’installer dans cette facilité et veut pouvoir rapidement s’exprimer dans la langue de son nouveau club.
« Ce n’est pas une option »
Le message envoyé par le technicien de 40 ans ne laisse aucune place au doute. Apprendre le français ne constitue pas un simple avantage pour faciliter son quotidien, mais un devoir directement lié à sa fonction.
« À mon avis, ce n’est pas une option, c’est une obligation de parler français. J’ai besoin d’un petit peu de temps. »
Ian Cathro s’est donc imposé un programme particulièrement rigoureux. Malgré les deux séances d’entraînement quotidiennes organisées pendant la préparation, il suit des cours deux à trois fois par semaine.
« Ce n’est pas facile. J’ai des cours deux ou trois fois par semaine. Durant la préparation, on a deux sessions d’entraînement par jour, donc peu de temps pour travailler avec mon professeur. Mais je sais que c’est important. »
Le nouvel entraîneur des Verts ne cherche pas d’excuses. Il sait que parler français lui permettra de transmettre plus précisément ses consignes, mais également de créer une relation plus naturelle avec ses joueurs, les salariés du club et les supporters.
Une expérience internationale précieuse
Ian Cathro ne découvre pas complètement l’exercice. Ses différentes expériences à l’étranger lui ont déjà permis de développer une véritable aisance linguistique.
L’Écossais maîtrise notamment l’anglais, le portugais et l’espagnol. Son passage dans plusieurs pays lui a surtout appris qu’une intégration réussie ne pouvait pas se limiter au terrain.
« J’ai de l’expérience dans différents pays, donc ça m’aide à comprendre. »
Cette ouverture culturelle concerne également sa famille. Sa femme et sa fille parlent portugais après avoir vécu à ses côtés au Portugal. Elles ont noué des amitiés dans plusieurs endroits du monde et appris à s’adapter aux différents environnements rencontrés au fil de sa carrière.
Pour Cathro, ces expériences constituent une chance immense. Elles permettent à sa famille de découvrir de nouvelles cultures et des lieux qu’elle n’aurait probablement jamais connus dans un autre contexte.
Un moyen de comprendre profondément l’ASSE
À Saint-Étienne, la langue possède aussi une dimension symbolique. Ian Cathro arrive dans un club historique, profondément lié à sa ville, à sa région et à ses supporters. Il veut comprendre ce qui rend l’ASSE différente plutôt que de rester un observateur extérieur.
Parler français doit l’aider à saisir les attentes du peuple vert et cette atmosphère si particulière qui entoure le club. Une démarche essentielle pour un entraîneur désormais chargé de porter un projet sportif sous forte pression.
Cathro sait qu’il lui faudra encore du temps avant de s’exprimer parfaitement. Mais sa volonté est déjà évidente. En affirmant que parler français constitue une obligation, le technicien écossais ne prononce pas seulement une belle déclaration : il adresse un véritable message de respect à tout Saint-Étienne.
Avant même les premières grandes échéances de la saison, le nouvel entraîneur des Verts a déjà compris une chose essentielle : pour s’imposer à l’ASSE, il faut d’abord pleinement entrer dans son histoire et son identité.





















