L’ancien responsable du recrutement du FC Nantes, Baptiste Drouet, s’est exprimé dans un entretien accordé à So Foot.
Pointé du doigt la semaine dernière par Waldemar Kita comme étant l’un des principaux fautifs dans la saison cauchemardesque du FC Nantes, l’ancien responsable du recrutement des Canaris, Baptiste Drouet, limogé en février dernier, a accordé une interview à So Foot, publié ce vendredi, quelques jours avant la prise de parole du patron nantais sur Eurosport.
Dans cet entretien, l’ancien dirigeant du FCN est d’abord revenu sur les raisons de son éviction. « On m’a tenu responsable de la situation sportive globale du club. Du fait d’avoir poussé pour le coach (Luis Castro) et d’avoir été responsable du recrutement. Sans tenir compte des moyens qui nous ont été alloués et des contraintes qu’on a eues. On a baissé la masse salariale de 40 %, on a vendu pour 40 millions, et on a acheté pour zéro. Avec des salaires largement inférieurs à ce qui se faisait par le passé. Plusieurs études ont montré qu’il y avait 90% de corrélation entre le classement et la masse salariale d’un club. »
« Ce sont toujours les plus plus anciens qui gardent leur place »
Baptiste Drouet a, par ailleurs, ciblé Waldemar et Franck Kita, qu’il considère comme les principaux responsables de l’effondrement du club. Selon lui, les dirigeants nantais auraient toujours eu du mal à collaborer avec des profils venus de l’extérieur, notamment les entraîneurs. « Il y a beaucoup de gens, depuis des années, qui ont été en conflit avec tous ceux venus de l’extérieur : les derniers arrivants, tous les coachs, (Christian) Gourcuff qui s’est pris la tête avec tout le monde… Finalement, ce sont toujours les plus anciens qui gardent leur place », estime-t-il avant d’en remettre une couche sur Franck Kita.
« Il y a Franck Kita sur l’opérationnel, mais il ne définit pas un cap sportif, et il se base sur le coach en place pour définir les besoins. Ça crée des projets très court-termistes. Normalement, il y a une vision de club globale, et ensuite en découle le choix du coach. Là, c’est un peu inversé : les coachs ont beaucoup de pouvoir, parce qu’ils sont les seuls à même de définir une politique sportive. »
« On se retrouve avec quelqu’un du corps médical qui appelle le président pour dire qu’il faut virer Luís Castro »
Interrogé ensuite sur les modèles à suivre comme Le Havre, Baptiste Drouet a confirmé que le staff médical du FC Nantes jouerait un rôle d’informateur auprès de la direction. « Plus tu baisses les moyens, plus tu augmentes le taux d’échec. Le Havre, qui a eu aussi des échecs cet été avec des joueurs qui sont repartis cet hiver, a accepté cette part d’échec. Il faut prendre les bonnes choses qui sont faites dans ces clubs, et ça commence par créer une grosse unité. Et ne pas avoir un club où il y a autant de salariés que de chapelles, où chacun a son mot à dire et où on se retrouve avec quelqu’un du corps médical qui appelle le président pour dire qu’il faut virer Luís Castro. »


















