L’AS Saint-Étienne a terminé sa saison régulière sur une démonstration offensive face à Amiens (5-0). Une victoire spectaculaire qui aurait dû lancer une immense fête à Geoffroy-Guichard. Pourtant, au coup de sifflet final, l’ambiance était loin d’être euphorique dans le vestiaire stéphanois. La faute à la victoire du Mans contre Bastia (2-0), synonyme de montée directe envolée pour les Verts.
Désormais, l’ASSE devra passer par les barrages pour tenter de rejoindre la Ligue 1. Une mission périlleuse que les hommes de Philippe Montanier aborderont face au vainqueur du duel entre le Red Star et Rodez. Et elle ne s’annonce pas dans les meilleures conditions tant les inquiétudes sont nombreuses autour du groupe stéphanois.
Le taf, il fallait le faire avant !
Ce 5-0 contre Amiens, lanterne rouge déjà reléguée, laisse forcément un immense goût d’inachevé. Oui, l’ASSE a réagi après trois défaites consécutives. Oui, elle a retrouvé de l’efficacité offensive et un peu d’allant. Mais au final, cette victoire ne change rien à l’essentiel : Saint-Étienne a raté son objectif principal.
Et Philippe Montanier lui-même l’a reconnu sans détour.
“C’est la première fois que je vois un vestiaire triste après une victoire 5-0”, a confié le coach stéphanois après la rencontre.
Une phrase lourde de sens. Car au-delà du large succès, tout le monde savait que les Verts avaient laissé filer la montée directe bien avant cette dernière journée.
“Évidemment, tout le monde est déçu. Mais on a ce qu’on mérite, car on aurait dû performer avant ce match face à Amiens”, a admis Montanier.
Voilà toute la réalité de cette saison stéphanoise. Le travail, il fallait le faire avant. L’ASSE avait largement les moyens de finir dans les deux premiers d’un championnat de Ligue 2 où elle faisait figure d’épouvantail dès le mois d’août. Avec son budget, son effectif et son statut, le club était présenté comme “le PSG de la Ligue 2”. Résultat ? Les Verts terminent derrière Le Mans, un promu au budget quatre fois inférieur.
Le constat est brutal.
Une victoire qui ne masque pas les énormes inquiétudes
Philippe Montanier a tenté de retenir le positif après cette large victoire.
“Il fallait malgré tout performer ce soir, et même si ce n’est pas notre meilleure rencontre en termes d’engagement, ça permet de repartir du bon pied après trois revers de rang. Il fallait à tout prix casser cette spirale.”
Effectivement, l’ASSE a montré un meilleur visage offensivement.
“On a retrouvé de l’efficacité offensive, certains mouvements. Lorsque’il a fallu protéger Brice, tout le monde a répondu présent. Ce n’est pas notre meilleur match mais il était important de rebondir.”
Mais le principal problème est ailleurs désormais : l’état physique de plusieurs cadres avant les barrages.
Absent contre Amiens, Gautier Larsonneur souffre d’une blessure au genou.
“Gautier Larsonneur a une plaie au niveau du genou, ce qui rend la flexion très difficile”, a expliqué Montanier.
Un énorme sujet d’inquiétude tant le gardien stéphanois a été décisif cette saison. Même si Brice Maubleu a assuré face à Amiens, perdre Larsonneur pour les barrages serait un coup terrible.
Et ce n’est pas tout.
Joshua Duffus est sorti blessé après une entorse de la cheville.
“Joshua Duffus a une entorse de la cheville. Je me veux toujours de nature optimiste et je vais l’être le concernant.”
Julien Le Cardinal est lui aussi diminué.
“On doit également gérer Julien Le Cardinal pour lequel la douleur se réveille après une heure de jeu.”
Sans oublier Kévin Pedro, absent face à Amiens en raison d’un problème aux adducteurs, et Augustine Boakye, suspendu pour le barrage.
Autant dire que l’ASSE arrive dans la dernière ligne droite avec beaucoup d’incertitudes.
Cette fois, l’ASSE ne sera pas favorite
Malgré tout, Philippe Montanier veut croire aux chances de son équipe.
“Il faut récupérer avant une rencontre en configuration Coupe de France. On va rencontrer un adversaire qu’on connaît et qui nous connaît. Devant notre douzième homme, ce n’est pas rien.”
Le Chaudron jouera évidemment un rôle essentiel vendredi prochain. “Même si ça s’annonce difficile, ça le sera aussi pour notre adversaire”, a rappelé le coach stéphanois.
Le retour d’Aïmen Moueffek et de Zuriko Davitashvili constitue malgré tout une note positive.
“Ce soir, côté positif, on récupère Aïmen Moueffek et Zuriko Davitashvili.” C’est déjà ça.
Mais la réalité reste implacable : pour éviter une deuxième énorme désillusion en deux ans depuis l’arrivée de Kilmer Sports, l’ASSE devra d’abord écarter le Red Star ou Rodez avant de défier le 16e de Ligue 1, qui sera soit Auxerre soit Nice. Et cette fois, contrairement au début de saison, les Verts n’auront plus l’étiquette de favori.
💬 "On aurait dû performer avant ce match face à Amiens, même si ce soir nous permet de repartir du bon pied après trois revers. (…) Il faut maintenant récupérer avant une rencontre en configuration Coupe de France."
— AS Saint-Étienne (@ASSEofficiel) May 9, 2026





















