À LA UNE DU 11 JUIN 2026

ASSE : pourquoi Cathro ne sera pas un Horneland bis

L’AS Saint-Étienne s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire. Avec l’arrivée d’Ian Cathro, les Verts ne changent pas seulement d’entraîneur : ils adoptent une approche différente du métier. Si l’Écossais partage certains principes avec Eirik Horneland, les différences entre les deux hommes sont nombreuses, tant dans leur philosophie que dans leur personnalité.

Une identité forte contre une approche adaptable

Eirik Horneland avait débarqué à l’ASSE avec des convictions très affirmées. Le Norvégien voulait imposer un football intense, fondé sur un pressing haut permanent, une récupération rapide du ballon et une volonté d’étouffer l’adversaire. Peu importe le contexte ou l’opposition : son équipe devait avant tout respecter son identité.

Ian Cathro partage le goût du jeu offensif et de la pression exercée sur l’adversaire. Mais sa méthode diffère. L’Écossais privilégie les principes aux systèmes figés. Défense à trois ou à quatre, animation adaptée aux qualités de son effectif, ajustements selon l’adversaire : il n’hésite pas à faire évoluer ses plans pour optimiser les performances de son groupe.

Là où Horneland demandait aux joueurs de s’adapter à son football, Cathro semble davantage disposé à adapter son football à ses joueurs.

Une expérience internationale bien plus large

Le parcours des deux techniciens illustre également cette différence d’approche.

Horneland avait construit toute sa carrière d’entraîneur en Norvège avant de rejoindre l’ASSE. Son expérience était essentiellement ancrée dans le football scandinave.

À l’inverse, Ian Cathro possède déjà un CV cosmopolite malgré ses 39 ans. L’Écossais a travaillé dans cinq pays différents : l’Écosse, le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre et l’Arabie saoudite. Cette diversité lui a permis de découvrir des méthodes variées, des cultures footballistiques opposées et des contextes très différents.

Une richesse d’expériences qui pourrait constituer un véritable atout dans la gestion du vestiaire stéphanois.

Un entraîneur polyglotte

L’aspect linguistique représente également une différence notable.

Eirik Horneland communiquait essentiellement en anglais. Ian Cathro, lui, maîtrise l’anglais, l’espagnol et le portugais. Au fil de sa carrière, il a également acquis des notions de français grâce à son travail auprès de nombreux joueurs francophones.

Dans un vestiaire de plus en plus multiculturel, cette capacité à échanger directement avec des joueurs issus d’horizons différents peut faciliter les relations humaines et accélérer la transmission des consignes.

Deux attitudes opposées sur le bord du terrain

Le contraste est tout aussi frappant lorsque les deux hommes prennent place devant leur banc.

Horneland vivait les rencontres avec une intensité débordante. Très démonstratif, multipliant les gestes, les déplacements et les interventions, le Norvégien apparaissait parfois comme un véritable « agité du bocal », incapable de rester immobile durant quatre-vingt-dix minutes.

Ian Cathro renvoie une image totalement différente. Plus calme, plus mesuré, l’Écossais affiche une attitude stoïque pendant les matchs. Son body language traduit une volonté de maîtriser ses émotions et de conserver une certaine lucidité dans les moments les plus tendus.

Deux tempéraments opposés, mais deux façons assumées d’exercer le même métier.

Un changement de cap assumé

Le choix de l’ASSE semble finalement révéler la volonté de Kilmer Sports de faire évoluer le projet sans renier certaines ambitions. Conserver une idée de jeu offensive, tournée vers l’initiative, tout en apportant davantage de flexibilité, d’adaptation et de sérénité.

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