OM : Mercato, priorité, Kamara, Rami… Jacques-Henri Eyraud se livre sans concessions

Dans un long entretien à L’Equipe publié ce mercredi, Jacques-Henri Eyraud a balayé l’actualité de l’OM. Voici ce qu’il faut retenir de sa sortie médiatique tant attendue.

Sur le nouveau cycle avec André Villas-Boas

« La Ligue des Champions ? Cela reste notre objectif, mais je m’inscris maintenant sur un nouveau cycle, un deuxième cycle du projet, au long cours. Il va nous emmener jusqu’en 2024, c’est-à-dire au nouveau format. Le moment clé sera la saison 2020-2021, qui marquera le démarrage du processus de sélection des clubs qualifiés pour la nouvelle formule de la C 1, en 2024 (…) Son début est marqué par les contraintes du fair-play financier (FPF), celles d’un retour graduel à l’équilibre financier. Mais FPF ou pas, notre trajectoire financière n’était plus soutenable sur un cycle aussi long. On se serait dirigés vers l’équilibre financier, c’est nécessaire. Un club n’est pas une danseuse ou un gadget, c’est une entreprise. On est embarqués dans un schéma qui prendra trois ans, et qui sera difficile compte tenu de ce que l’UEFA nous impose. »

Sur le Mercato à venir

« Dans les discussions avec l’UEFA, il y a ces contraintes avec lesquelles on doit composer. Les pertes cumulées ne doivent pas excéder 30 M€ sur trois ans. On doit davantage céder qu’acheter. Mais l’époque des soldes n’a pas démarré à l’OM. Nous ne sommes pas dans l’obligation de faire partir un nombre important de joueurs. La marge de manoeuvre est réelle pour continuer à être compétitifs, y compris la saison qui arrive (…) On peut acheter aujourd’hui. On peut aussi travailler sur des formules comme des prêts. On a une enveloppe d’achat significative, en tout cas à l’échelle de la L 1. Elle doit nous permettre de faire des choses intéressantes. Mais nous devons alléger de façon très significative notre masse salariale et nous le ferons. »

Sur les priorités de l’OM

« Aujourd’hui, on est sur deux-trois profils, à adapter s’il y a des départs imprévus et qu’on serait amenés à remplacer. Le poste d’attaquant est à pourvoir, puisque Mario Balotelli ne poursuivra pas l’aventure avec l’OM. On regarde au-delà du poste d’attaquant, en défense centrale notamment. On a deux jeunes formidables (Boubacar Kamara et Duje Caleta-Car), qui ont montré de très belles choses depuis plusieurs mois, sur lesquels on compte absolument. Mais on sait aussi que c’est un secteur très sensible, un peu d’expérience ne ferait pas de mal. »

Sur l’avenir de Boubacar Kamara

« Mon souhait est que Bouba prolonge et qu’il ait un contrat à la hauteur de son talent et des perspectives qu’il offre aujourd’hui, dans le respect de nos valeurs, de nos contraintes, de ce qu’un joueur de vingt ans peut gagner en jouant au foot. »

Sur le cas Adil Rami

« Je respecte mes joueurs, je les côtoie tous les jours et je vois combien ils ont de la pression. Je suis très surpris de la couverture médiatique de cette procédure, qui décrète qu’Adil Rami est déjà parti. J’invite chacun à la prudence. Ce qui est sûr, pour moi : Adil Rami doit s’interroger, mais profondément, sur son statut, sur son métier de footballeur professionnel, sur ses droits et devoirs de joueur, de surcroît champion du monde. On va avoir une discussion avec Adil, très franche, très directe, comme à chaque fois, et je prendrai cette décision à l’issue de cette discussion. J’ai hâte de l’entendre, et d’avoir cet échange avec lui, qui aura lieu cette semaine (mercredi). »

Sur le cas Strootman

« Kevin est un très grand joueur avec un état d’esprit irréprochable mais, économiquement, c’est un joueur de Ligue des champions. Il faut qu’on s’ajuste à la nouvelle donne, et on le fera. »

Sur son avenir à titre personnel

« C’est exigeant, ce métier de dirigeant. On est restés sereins et convaincus des choix à faire, très alignés avec Frank (…) C’est ce qui m’obsède jour et nuit, faire en sorte que ce club soit plus fort aujourd’hui qu’au moment où on l’a repris. Après, mon cas personnel n’a aucune importance. On est tous de passage. »

Arnaud Carond