Le Trophée des Champions, prévu le 8 janvier prochain entre le PSG et l’OM, se jouera sans les supporters marseillais au Koweït.
Coup de tonnerre dans l’ambiance du football français : les groupes de supporters de l’Olympique de Marseille ont décidé de boycotter le très attendu Trophée des Champions face au Paris Saint-Germain, programmé au Koweït. Malgré une affiche qui s’annonçait électrique contre le rival historique, les fidèles olympiens ne garniront pas les tribunes du stade moyen-oriental le 8 janvier prochain, comme rapporté par ICI Provence.
Un boycott motivé par la délocalisation au Moyen-Orient
Derrière cette décision inédite, une colère sourde contre la délocalisation du match. Pour les associations marseillaises, jouer si loin des bases, à des milliers de kilomètres de la Méditerranée, est tout simplement incompréhensible. Le refus est avant tout symbolique : il dénonce une dérive du football moderne où les impératifs commerciaux prennent le pas sur la passion des fans. Même la proposition du club de financer en partie le déplacement (150 euros à la charge de 150 supporters, le reste payé par l’OM) n’a pas suffi à entamer cette opposition forte.
Le club marseillais tente mais ne convainc pas
Dans un souci d’apaisement, la direction phocéenne s’est mobilisée pour rendre le déplacement possible à moindre coût. Mais le geste n’a pas changé la détermination des groupes : pour eux, accepter d’aller au Koweït serait cautionner une logique purement financière. En conférence de presse, le président Pablo Longoria a assumé l’analyse économique du dossier, reconnaissant que l’option Koweït s’inscrit dans une recherche accrue de valorisation pour le Trophée des Champions. Cette posture rappelle d’ailleurs la vision de transformation profonde qu’il porte pour l’avenir de l’OM.
Une affiche pourtant décisive pour l’OM
Sportivement, l’enjeu est de taille pour Marseille. Le club n’a plus soulevé de trophée depuis 2012, et une victoire face au PSG représenterait un immense vent d’espoir dans un climat où la domination parisienne pèse lourd : les Parisiens ont remporté onze des douze dernières éditions de la compétition. Face à une telle hégémonie, la rencontre aurait pu relancer la dynamique marseillaise. Mais ce choix de boycott traduit la conviction que certaines valeurs priment sur le palmarès. Déjà un petit avantage pour Paris, populaire partout dans le monde, qui pourra donc compter sur ses fidèles au Koweït afin de poursuivre sa folle série dans la compétition.
La LFP et son choix répété de l’étranger
Ce n’est pas la première fois que la Ligue de Football Professionnel préfère exporter le Trophée des Champions : Gabon, Chine, Maroc, Israël, Qatar… la liste des destinations exotiques s’allonge au fil des années. Chaque édition délocalisée nourrit la polémique sur la perte du lien avec les supporters historiques. Les chiffres sont pourtant là : en déplaçant la compétition, la LFP espère générer jusqu’à trois millions d’euros, bien en deçà des standards de la Supercoupe d’Espagne ou d’Italie, mais un vrai enjeu pour renforcer la valeur commerciale du football français.
En attendant, le débat sur le sens et la destination de ce type de rencontres reste plus ouvert que jamais. Difficile de prédire quelles seront les retombées pour l’Olympique de Marseille, engagé dans un vaste projet de transformation et de reconquête, alors que l’essence même du supporterisme est aujourd’hui questionnée.
Pas de supporters de l'#OM au Trophée des Champions au Koweit le 08/01.
— Bruno Blanzat (@brunoblanzat) December 20, 2025
Boycott officialisé hier en réunion avec le club.
Malgré l'offre de l'OM: 150 supporters qui paient chacun 150 euros, le reste étant pris en charge par le club#TeamOM @ici_provence @StatsOmp @Mode55489648 pic.twitter.com/T0ccMukq1E


















