Le choc Maroc-Tanzanie en huitième de finale de la CAN 2025 n’a pas seulement tenu ses promesses sur le plan sportif : il embrase la planète football, à coup de critiques acerbes et de réclamations virulentes. Battue 1-0 dans un match tendu à Rabat, la sélection tanzanienne ne décolère pas et crie au « scandale » arbitral, alimentant le débat sur la crédibilité de l’arbitrage africain.
Favoris annoncés, les Lions de l’Atlas ont commencé prudemment mais ont su faire la différence au cœur d’une partie accrochée. C’est à l’heure de jeu qu’Achraf Hakimi, de retour dans le onze, s’est illustré en délivrant une passe millimétrée pour Brahim Diaz, unique buteur du match à la 63e minute. Malgré un dernier quart d’heure sous pression, le Maroc a tenu bon et validé sa place en quart de finale.
La Tanzanie, pourtant solide et bien organisée, a bousculé la défense marocaine sans parvenir à concrétiser, jusqu’à l’action qui fait aujourd’hui polémique et relègue au second plan le ticket des Lions pour la suite de la compétition.
La polémique : un penalty oublié et des décisions contestées
La tension a réellement explosé dans les dernières minutes : alors qu’Iddy Nado s’effondre dans la surface après un contact avec Adam Masina, le banc tanzanien réclame avec force un penalty. Mais l’arbitre, Boubou Traoré, reste de marbre et ne va pas vérifier la VAR, à la stupéfaction générale.
Cette décision de ne pas accorder le penalty – et surtout de ne pas consulter la vidéo – enflamme les débats. De nombreux observateurs soulignent que des fautes similaires avaient été sanctionnées ailleurs sur le terrain pendant la rencontre. De quoi alimenter les soupçons d’arbitrage « à domicile » dans une CAN déjà sous le feu des critiques concernant l’impartialité des décisions.
L’indignation tanzanienne : déclarations fracassantes
Immédiatement après le coup de sifflet final, la réaction du sélectionneur tanzanien Miguel Angel Gamondi retentit comme un coup de tonnerre : « Je suis sous le coup de l’émotion. J’ai demandé à l’arbitre pourquoi il n’a pas fait appel à la VAR. Je ne juge pas l’arbitre, mais je ne suis pas satisfait. Il administre la justice, mais je ne suis pas d’accord avec beaucoup de ses choix ».
Haji Mnoga, cadre de la sélection, lâche à son tour : « Partout ailleurs, il a sifflé des fautes de ce type. Pourquoi pas dans la surface ? C’était injuste. » Dans les tribunes et sur les réseaux, les supporters comme les médias tanzaniens s’indignent à l’unisson et évoquent un « match biaisé ». Le journal local résume la frustration générale : « Les joueurs et supporters tanzaniens méritaient un combat équitable ».
Un climat de suspicion sur l’arbitrage africain
Ce nouvel épisode remet au centre du jeu la défiance vis-à-vis des arbitres, dans une compétition marquée depuis plusieurs éditions par des erreurs flagrantes. Nombre d’analystes notent que la non-utilisation de la VAR sur l’action controversée alimente les doutes autour d’une possible volonté de protéger les favoris, en l’occurrence le Maroc, hôte et attendu parmi les prétendants au titre.
Plus largement, ces soupçons persistants nuisent à l’image de la CAN, alors même que le football africain aspire à plus de transparence. Plusieurs acteurs avaient déjà pointé du doigt des décisions discutables lors du parcours du milieu de terrain marocain face à Madrid récemment, ravivant les débats.
Et maintenant ? Le Maroc en quarts, la Tanzanie en colère
Malgré la tempête, le Maroc poursuit sa route et retrouvera les quarts de finale, porté par la solidité de son effectif et l’efficacité décisive de Brahim Diaz, qui continue d’être un atout précieux après son retour au Real Madrid. La Tanzanie, quant à elle, quitte la scène africaine la tête haute mais animée d’un sentiment d’injustice durable.
Le débat sur l’arbitrage, lui, demeure. Et alors qu’une autre star de la sélection, Azzedine Ounahi, est forfait pour la suite de la CAN, les Lions de l’Atlas savent qu’ils feront face à une pression et une attente colossales au prochain tour. Une chose est sûre : cette victoire restera entachée de soupçons pour longtemps.
















