Rabat s’apprête à vivre un moment d’électricité pure : l’Algérie et la République Démocratique du Congo s’affrontent en 8es de finale de la CAN 2025 (17h), dans ce qui s’annonce déjà comme l’un des sommets de la compétition.
Impossible d’échapper à la ferveur qui précède ce choc depuis l’annonce du tirage. Avec trois victoires en trois matches, les Fennecs affichent une confiance à toute épreuve. Guidés par un Riyad Mahrez toujours décisif dans les grands rendez-vous, l’Algérie donne l’impression de jouer à domicile à Rabat tant ses supporters occupent l’espace autour du stade Moulay El Hassan et dans la ville. Les rues vibrent aux couleurs vert et blanc alors que l’ambition du groupe, revigoré par ce soutien populaire, paraît sans limite cette année. La RDC n’est pas en reste. Demi-finaliste de la précédente édition, la sélection coachée par Sébastien Désabre s’est imposée comme l’une des plus coriaces du continent, domptant tour à tour le Cameroun et le Nigéria pour s’offrir le droit de rêver encore plus grand. Leur prestation face au Sénégal, favoris du tournoi, a envoyé un message fort : rien ne sera laissé au hasard.
Deux équipes en pleine confiance
Sur le terrain, les deux sélections avancent leurs atouts. Côté algérien, Mahrez peut se targuer d’une régularité exceptionnelle en sélection avec ses statistiques et sa capacité à retrouver son rayonnement dans les grands rendez-vous. En face, la défense congolaise compte bien s’appuyer sur son leader Mbemba, pilier et véritable patron. La jeunesse montante, symbolisée par Maza, promet d’apporter sa fougue à l’attaque des Fennecs. C’est bien simple : le niveau des individualités donne une autre dimension à cette opposition. L’enjeu psychologique est immense. Chaque demi-espace, chaque duel semble peser lourdement. L’équipe qui sortira vainqueur de ce duel prendra un sérieux ascendant mental pour la suite de la compétition, renforçant sa légitimité parmi les favoris à la victoire finale.
Supporters : entre chambrage et passion
Dans les rues de Rabat, l’ambiance est électrique dès la veille du match. Les deux communautés se croisent, se toisent, mais le tout reste empreint d’un humour savoureux. « On va les chicoter comme on dit chez nous, on n’a peur de personne », balance Nathan, arrivé tout droit de France pour soutenir la RDC, tout en prévenant les Algériens de se méfier de l’expérimenté Mbemba. Les supporters algériens, eux, répondent dans le même registre, mettant en avant « Mazadona », surnom affectueux et provocateur pour la révélation Maza.
- « On va les taper, mais bon, je préfère parler après, je ne veux pas porter l’œil ! » glisse Mehdi, supporter algérien, tout sourire aux abords du stade.
- « Ils vont voir ce que c’est une vraie ambiance africaine, le stade va exploser ! » réplique un autre fan congolais.
Cette rivalité bon enfant ne se limite pas aux gradins. Sur les réseaux sociaux, les vidéos et memes se multiplient à l’approche du coup d’envoi, prolongeant la compétition jusque dans le cœur des communautés africaines de la diaspora.
Les coulisses d’une rivalité électrique
Impossible de passer sous silence les anecdotes qui pimentent l’avant-match. Lors du dernier match de la RDC, une cinquantaine de supporters se sont pressés devant l’hôtel de l’Algérie, narguant et chantant sous les fenêtres, sous les rires et les smartphones. Il ne s’agissait là que du prolongement naturel d’une rivalité déjà ancienne, mais toujours vive, marquée par une succession de duels tendus ces dernières années. Cette rivalité prend aussi racine dans l’actualité des joueurs. Difficile d’évoquer le leadership de Mbemba sans rappeler son influence sur le groupe et son expérience européenne, comme le rappelle son potentiel engagement prochain avec Lille.
Un enjeu sportif et symbolique énorme
Au-delà des sourires et des joutes verbales, la tension monte d’un cran à l’abord du coup d’envoi. Un match à élimination directe n’offre aucune seconde chance. Pour l’Algérie, une élimination serait ressentie comme une désillusion majeure après un début de tournoi quasi parfait. Pour la RDC, ce serait tourner une grande page après la montée en puissance sur plusieurs années. Les joueurs clés devront répondre présent : Mahrez, dont le palmarès et l’influence n’ont cessé de grandir au fil des saisons entre Premier League et Sahara, aura la mission de porter haut l’étendard algérien. En face, Mbemba tentera de s’imposer comme le roc infranchissable, après des années de solidité, évoquées notamment lors de ses refus de départ durant le mercato estival à Marseille.
Après le match : entre déception et fierté
À l’issue du match, la joie des vainqueurs répondra à la frustration des vaincus. Mais la magie de la CAN, c’est aussi ça : le folklore qui continue longtemps après le coup de sifflet final. Les caméras se tourneront vers les supporters, les chants de victoire redoubleront, et le chambrage ne fera que commencer. Pour les perdants, la page sera difficile à tourner, mais impossible de bouder la fierté d’avoir vibré jusqu’au bout, devant le spectacle offert. Impossible de prédire où s’arrêtera la route du vainqueur, mais une chose est sûre : ce Algérie-RDC restera comme un monument d’émotion collective et de passion populaire. La CAN rappelle année après année que le football africain n’est jamais aussi vivant que lorsque la rivalité devient un art, jusque dans la rue, les réseaux et les mémoires. Prochain round… sous haute tension !
















