À LA UNE DU 12 JUIN 2026

ASSE : le vrai visage de Ian Cathro raconté par ceux qui l’ont vu travailler

Depuis son arrivée à l’ASSE, Ian Cathro intrigue autant qu’il divise. Pour une partie des supporters stéphanois, son nom reste encore flou, presque mystérieux. Un coach écossais passé par Estoril, jeune, étranger, choisi par Kilmer Sports après une saison marquée par l’échec des barrages face à Nice : forcément, le pari interroge.

Mais au Portugal, le regard porté sur le nouvel entraîneur des Verts est bien différent. Là-bas, Cathro n’est pas vu comme un pari sorti de nulle part. Il est plutôt décrit comme un technicien brillant, offensif, courageux, capable de marquer un vestiaire et de donner une vraie identité à son équipe.

Interrogés par Top Mercato, plusieurs observateurs du championnat portugais ont dressé un portrait très flatteur du nouveau coach stéphanois. Et leurs mots devraient rassurer une partie du peuple vert.

Un choix qui impressionne au Portugal

À Saint-Étienne, certains se demandent encore si l’ASSE n’a pas pris un nouveau risque en misant sur Ian Cathro. Au Portugal, la lecture est beaucoup plus positive. Son départ vers le Forez est même perçu comme une suite logique pour un entraîneur appelé à viser plus haut.

Miguel Amaro, journaliste portugais, ne cache pas son estime pour l’ancien coach d’Estoril : « On avait parlé de lui pour des clubs plus huppés au Portugal. On le voyait parfaitement armé pour un club de dimension supérieure. Et la vérité, c’est qu’il part pour un géant, même s’il est en Ligue 2. »

Cette phrase résume tout le paradoxe stéphanois. Oui, l’ASSE évolue encore en Ligue 2. Mais son histoire, son public et son poids populaire restent ceux d’un très grand club. Pour Cathro, le défi est immense. Mais au Portugal, personne ne semble considérer qu’il soit trop grand pour lui.

Miguel Amaro va même plus loin : « Je crois qu’il y aura des résultats, parce que les entraîneurs comme lui ont souvent des résultats là où ils vont. »

Cathro, un coach qui ne vient pas pour subir

Ce qui ressort le plus fortement du passage de Ian Cathro à Estoril, c’est son ambition dans le jeu. L’Écossais n’a pas cherché à protéger son équipe en permanence ni à réduire ses matchs à une logique de survie. Même avec un effectif plus limité que les cadors portugais, il a voulu jouer, presser, attaquer et gagner.

Miguel Amaro le résume simplement : « Il a toujours dit qu’il jouait pour gagner. »

Un autre observateur, Miguel Gouveia, journaliste pour O Jogo, insiste lui aussi sur cette volonté constante de proposer quelque chose : « Quel que soit le système tactique utilisé, il essaie toujours de proposer un football positif. »

Pour l’ASSE, ce point est essentiel. Les Verts ne peuvent pas se permettre d’aborder la Ligue 2 comme une équipe prudente ou attentiste. Avec leur statut, leur effectif et leur objectif de montée, ils devront imposer leur rythme. Sur le papier, le profil Cathro colle donc à cette nécessité.

Une mentalité qui peut parler au Chaudron

À Estoril, Ian Cathro n’a pas seulement été apprécié pour ses idées. Il a aussi marqué par son état d’esprit. Son équipe n’était pas toujours favorite, mais elle a rarement donné l’impression de jouer avec le frein à main.

Miguel Gouveia souligne d’ailleurs « la manière avec laquelle il abordait chaque match pour les gagner ».

C’est peut-être l’un des points les plus importants pour Saint-Étienne. Dans le Forez, les supporters pardonnent beaucoup de choses, mais rarement le manque d’ambition. Ils veulent voir une équipe active, agressive, courageuse, capable de prendre ses responsabilités.

Cathro arrive donc avec une réputation intéressante : celle d’un entraîneur qui ne calcule pas trop et qui préfère avancer plutôt que subir. Reste à savoir si cette approche résistera à la pression particulière de l’ASSE.

Pas un dogmatique, mais un coach adaptable

L’autre idée reçue autour de Ian Cathro concerne son supposé côté trop théorique. Comme il est jeune, formé dans des environnements modernes et souvent associé à la data ou à l’analyse, certains pourraient l’imaginer enfermé dans une seule idée de jeu.

Au Portugal, le constat est tout autre. Miguel Gouveia rappelle que Cathro a varié les systèmes à Estoril : « Il y a eu des 4-2-3-1, des 4-3-3, des 4-4-2 losange, mais aussi des 3-4-3 et 3-5-2. »

Avant de préciser : « Ian Cathro a montré qu’il était un entraîneur qui cherchait à s’adapter à ses joueurs et à adopter une tactique qui tire le meilleur profit de leurs caractéristiques. »

Ce détail est loin d’être anodin. À l’ASSE, le mercato sera déterminant, et l’effectif pourrait encore beaucoup bouger. Cathro devra donc composer avec ce qu’il aura sous la main, tout en faisant passer ses idées. Sa capacité d’adaptation pourrait devenir l’une des clés de son aventure stéphanoise.

Des chiffres qui plaident pour lui

Les compliments venus du Portugal ne reposent pas seulement sur des impressions. À Estoril, Ian Cathro a aussi laissé une trace chiffrée. Son équipe a terminé avec 54 buts inscrits en championnat, soit la cinquième meilleure attaque du pays derrière Benfica, Porto, le Sporting et Braga.

Pour un club comme Estoril, ce n’est pas un détail. Miguel Amaro rappelle même que « Estoril n’avait jamais fait aussi bien depuis 1951 ».

Cathro a aussi réussi à faire exploser Yanis Begraoui, auteur de 20 buts sous ses ordres. Là encore, le symbole est fort. « Il a su tirer le maximum de Yanis Begraoui, qui a marqué 20 buts, ce qui n’arrivait pas à un joueur d’Estoril depuis 70 ans », souligne Miguel Amaro.

À Saint-Étienne, où l’efficacité offensive a souvent été un sujet, cette capacité à valoriser un attaquant sera forcément observée de près.

Un caractère franc qui a séduit les Portugais

Ian Cathro n’a pas seulement convaincu sur le terrain. Au Portugal, sa personnalité a également laissé une vraie empreinte. Dans un championnat parfois très codifié médiatiquement, l’Écossais a marqué par sa liberté de ton.

Miguel Amaro parle même d’une « bouffée d’air frais » dans le championnat portugais. Selon lui, Cathro « a toujours parlé ouvertement, sans tabous. Il critiquait ce qui devait l’être ».

Son confrère insiste également sur son côté direct : « Il n’avait pas peur de dire certaines vérités qui dérangent. »

Cette franchise peut devenir une force à Saint-Étienne, à condition d’être bien maîtrisée. Dans un club aussi exposé que l’ASSE, chaque prise de parole sera scrutée. Mais après une période où les supporters ont parfois eu le sentiment de manquer de clarté, un discours plus direct pourrait aussi être bien accueilli.

Le Portugal rassure, Saint-Étienne attendra les résultats

Les avis venus du Portugal ne feront pas monter l’ASSE à eux seuls. Ian Cathro le sait : dans le Forez, les belles paroles ne suffiront pas. Il sera jugé sur les résultats, sur la progression de son équipe et surtout sur sa capacité à ramener les Verts en Ligue 1.

Mais ces témoignages changent au moins une chose : ils donnent une autre image du nouveau coach stéphanois. Loin du pari obscur ou du nom inconnu choisi par Kilmer Sports, Cathro apparaît comme un entraîneur respecté, ambitieux, offensif et apprécié par ceux qui l’ont vraiment vu travailler.

Au Portugal, son départ laisse des regrets. À Saint-Étienne, son arrivée soulève encore des questions. Entre les deux, une certitude se dessine déjà : Ian Cathro ne débarque pas dans le Forez par hasard. Et si l’ASSE lui donne les moyens de ses idées, le pari pourrait rapidement devenir beaucoup plus séduisant qu’il n’y paraît.

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