Le RC Lens, qui a réussi à chiper Jean-Clair Todibo au nez et la la barbe de l’OM en fin de mercato, lui donne aussi une leçon en terme de masse salariale.
Le RC Lens n’a pas seulement réussi un joli coup sur le mercato. En attirant Jean-Clair Todibo alors que le défenseur avait pourtant donné son accord de principe à l’OM, le club artésien a une nouvelle fois démontré sa capacité à avancer rapidement sur un dossier stratégique.
Le RC Lens a retenu la leçon de 2023
L’international français a finalement accepté de réduire son salaire pour rejoindre les Sang et Or et disputer la Ligue des champions. Mais derrière cette opération se cache surtout une autre différence majeure entre les deux clubs : la gestion de la masse salariale.Après l’envolée salariale observée lors de sa précédente participation à la Ligue des champions, le RC Lens a profondément revu sa politique économique.
L’Équipe expliquait déjà en avril que le club avait retenu les leçons de cette période et souhaitait éviter de reproduire les mêmes erreurs. La priorité est désormais claire : conserver une masse salariale compatible avec les revenus du club, même en cas de qualification européenne. Cette philosophie a notamment été portée par Benjamin Parrot, directeur général du Racing depuis 2025. Et les chiffres illustrent cette volonté de contrôle.
33 M€ de masse salariale malgré la Ligue des champions
Toujours d’après L’Équipe, la masse salariale des joueurs, hors charges, est passée d’environ 28 M€ la saison dernière à près de 33 M€ cette saison. Une hausse mesurée alors que Lens a pourtant retrouvé la Ligue des champions. Le recrutement est également resté raisonnable. Yacine Titraoui représente la principale dépense estivale avec environ 8 M€, tandis que Michaël Cuisance est arrivé pour environ 3,5 M€. Dans le même temps, le Racing a réalisé une vente record avec Mamadou Sangaré, parti pour 48 M€ hors bonus. Autrement dit, Lens avait les moyens de dépenser davantage.
Le club a pourtant choisi de conserver une ligne directrice stricte. Le cas Jean-Clair Todibo est particulièrement intéressant. Le défenseur français, courtisé par l’OM, a finalement choisi Lens après avoir accepté de revoir ses prétentions salariales à la baisse. Le prêt est conclu pour une saison, sans option d’achat. L’Équipe précise que Todibo et Franjo Ivanovic, prêtés sans option d’achat, disposent d’un fonctionnement contractuel spécifique lié à leur présence cette saison. Pour les autres recrues, Lens entend rester dans ses standards habituels de rémunération, avec des salaires correspondant au niveau Ligue 1 et des variables supplémentaires liées à une éventuelle qualification européenne future. Une manière de ne pas transformer une bonne saison sportive en bombe à retardement financière.
À l’OM, la méthode interpelle forcément
Le système mis en place par le RC Lens repose donc davantage sur la variabilité. Les joueurs ayant contribué à la qualification pour la Ligue des champions ont déjà été récompensés par des primes significatives. Les cadres du vestiaire peuvent également bénéficier de bonus liés aux résultats, au nombre de points et au parcours européen. Le principe est simple : permettre aux joueurs de gagner davantage lorsque le club performe, sans alourdir durablement la structure salariale. C’est précisément cette logique qui permet au Racing de conserver des ambitions élevées tout en gardant un œil sur l’avenir. L’OM, lui, se retrouve dans une situation beaucoup plus délicate.
Comme dit, Todibo avait donné son accord au club phocéen mais l’opération était conditionnée à plusieurs départs et à un partage de son salaire avec West Ham. Le blocage olympien a finalement permis à Lens de récupérer le défenseur. Le contraste est donc saisissant. D’un côté, le RC Lens construit un cadre salarial pensé pour supporter aussi bien une saison européenne qu’un éventuel retour aux standards de Ligue 1. De l’autre, l’OM doit encore composer avec des contraintes financières qui peuvent lui faire perdre des dossiers pourtant bien engagés. Le modèle lensois n’est évidemment pas transposable à Marseille en un claquement de doigts. Les budgets, les ambitions et les recettes ne sont pas comparables. Mais une chose est certaine : après avoir chipé Todibo à l’OM, le RC Lens démontre encore qu’il est possible d’afficher de grandes ambitions sans perdre le contrôle de sa masse salariale. À Marseille, la leçon mérite forcément d’être étudiée.





















