Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard pose son regard sur les dernières analyses du coach de l’ASSE Eirik Horneland, après la défaite à Dunkerque et le piteux match nul face à Bastia…
Nous n’allons pas être trop mauvaise langue. Eirik Horneland a eu un flash de lucidité dans l’analyse du nul concédé par l’ASSE face à Bastia. Il s’est en effet bien repris en admettant « Ce n’est pas une excuse » alors qu’il avait entonné le même refrain qu’à Dunkerque où il avait osé « On a des blessés, Lucas Stassin, Augustine Boakye. Nadir El Jamali a joué en pointe. Il faut retrouver du rythme avec les nouveaux attaquants. C’est difficile, quelque chose dont il faut tenir compte ». Cette fois, c’est vers le turn over imposé en défense qu’il avait cru trouver une explication à la déception. « On a aligné beaucoup de défenses différentes cette saison. On a dû utiliser onze joueurs différents avec les blessures. Aujourd’hui, on a joué avec un ailier gauche au poste de latéral… Il a fait le travail mais c’est un bon exemple».
Avant que l’écho de son propos n’arrive jusqu’à Ivan Gazidis, aux oreilles déjà assourdies par les sifflets du kop, mieux valait pour lui retrouver le sens de sa responsabilité… tout en pointant celle de ses hommes « Je ne cherche pas à trouver d’excuses aux joueurs, ni à moi. C’est à nous tous de régler le problème. »
La solidarité, ça se travaille
Il est vrai que les principaux acteurs de ces différents navets livrés par l’ASSE ne sont pas exempts de reproches. Florian Tardieu en est un triste exemple et ses excuses ne rapporteront pas plus de points que le nul concédé face à une équipe qui n’avait marqué que six buts jusque là et aucun à l’extérieur. Mais le fiasco n’est pas seulement dû à une frappe trop molle. C’est tout un groupe qui est mou.
Si Ben Old est sur la même ligne que son coach « il y a un manque de concentration dans les moments clés qui font qu’on concède beaucoup trop de buts », l’ex-Troyen voit plus loin parce qu’il sait que le football est fait de failles: comblées ou non, c’est ce qui fait la différence. « Quand un collègue fait une erreur, il n’y a personne pour la rattraper». Il pointe là un manque de solidarité évident après déjà une analyse aussi claire de la défaite au Red Star « C’est sûr que sur les renversements, vu ce que demande le coach, ça peut être notre faiblesse… Après, ce sont les consignes, donc on les écoute. » Les Bastiais de Reginald Ray, en ont profité à leur tour « Il fallait récupérer le ballon et les gêner par la vitesse de nos attaquants ».
C’est une histoire de cohésion entre discours et méthode, détermination et plan de jeu, couverture mutuelle et implication.
Combien de matches faudra-t-il à Horneland pour trouver la solution? Sans nous surprendre, il persiste comme depuis douze mois « Je ne compte pas changer ma tactique » tout en tentant de faire partager son optimisme « mais je compte l’améliorer sur son application ». Il lui faudra en convaincre ses joueurs… et ses dirigeants. Du côté des tribunes, on doute.
Didier Bigard



















