Scène surréaliste dimanche dernier dans le bus de l’OH Louvain. Défaite amère au compteur, mais une explosion de bonheur sur les sièges arrière : Ibrahima Sonko (45 ans), membre du staff, passé par l’ASSE, a laissé éclater sa joie après le sacre du Sénégal à la CAN. Son euphorie lui a valu une sanction immédiate.
L’ambiance est électrique ce soir-là dans les rangs de Louvain. Battus à nouveau au championnat, les joueurs s’enfoncent dans la crise alors que le spectre de la relégation plane. Les mines sont fermées, le silence pèse lourd dans le bus du retour. Et puis, à l’arrière, tout s’inverse : Ibrahima Sonko, Sénégalais de cœur et d’origine, vit intensément la finale Sénégal-Maroc sur son smartphone. Frissons, tension, et puis la délivrance au but décisif : quand Pape Gueye offre le trophée à tout un peuple, c’est un cri du cœur impossible à contenir.
Formé à l’ASSE, Ibrahima Sonko sanctionné par Louvain
Poussé par la fierté, l’ex-défenseur central, formé à l’ASSE et passé par Grenoble avant de faire l’essentiel de sa carrière en Angleterre, fête la victoire sénégalaise avec des chants et des danses, comme si la CAN se jouait dans ce bus transformé en scène de liesse. Mais dans cet espace fermé, la fête tourne vite au malaise. Les joueurs, déjà marqués par la défaite, digèrent mal ce contraste. Certains n’apprécient pas l’insouciance de Sonko, qui ne cache ni sa joie, ni ses racines. Le retour à la réalité est brutal. Informée des plaintes du vestiaire, la direction de l’OH Louvain ne laisse pas traîner l’affaire : Sonko, jusqu’ici précieux dans le staff pro pour intégrer les jeunes, est déclassé chez les U23. Une sanction forte, reflet du malaise généré par cette célébration jugée inappropriée dans un contexte de crise sportive. Et qui illustre toute la difficulté à jongler entre engagement professionnel et attachement national, surtout dans un vestiaire en tension.





















