Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard revient sur la dernière défaite de l’ASSE à Reims et sur la menace qui plane plus que jamais sur Eirik Horneland. Il s’interroge aussi sur les nombreux blessés…
Le vent a tourné pour Eirik Horneland. La plupart de ceux qui ont soufflé dans son sens pendant ces douze derniers mois ont cessé de s’époumoner pour le soutenir contre la marée annoncée dès sa prise de fonction et renforcée par les vagues d’incompréhension qu’il s’est appliqué à faire grossir par une politique sportive qu’on qualifiera de bornée.
Le jour de sa présentation à la presse, nous nous interrogions sur ses promesses d’une équipe offensive. « Avec qui pense-t-il attaquer? ». La question était d’autant plus prégnante que dans le même temps il affirmait que « le mercato ne l’intéressait pas » comme s’il estimait l’effectif suffisant pour « pratiquer un football offensif correspondant à la culture de la ville et de Geoffroy-Guichard ». Cette promesse l’a enfermé dans une tactique ambitieuse mais déroutante avec des problèmes défensifs insolubles. Preuve cette difficulté à retrouver un équilibre. L’équipe prend moins de buts, mais un seul suffit quand les attaquants ne marquent pas, comme à Reims ou Dunkerque.
Des recrues pour l’infirmerie de l’ASSE
Pire, même lorsqu’ils s’imposent face à Clermont, ils prennent une leçon en terme de vivacité, d’ingéniosité, comme s’ils n’avaient jamais travaillé le moindre mouvement collectif. On peut refaire le match, discuter les choix, les remplacements. On doit surtout admettre qu’il n’y a pas eu de hasard dans la descente en L2, pas non plus dans la glissade qui a refroidi les espoirs d’un budget hors concours, un recrutement médiatisé et une entame de championnat illusoire.
Si Horneland s’est logiquement retrouvé en première ligne, semblant aussi incompris par ses joueurs que par le public, nous n’oublions pas ceux qui sont allés le chercher. Lors de la première apparition du successeur de Dall’Oglio devant la presse, Ivan Gazidis avait laissé la main à Huss Fahmy, prenant place lui au côté des journalistes. Ce n’était pas un remake de l’affaire du strapontin de Roland Romeyer pour l’arrivée de Puel. Plutôt une façon de cadrer les responsabilités de chacun.
A ce sujet, il faudra bien aussi définir le rôle des uns et des autres dans le recrutement. Pour l’heure, c’est trop régulièrement l’effectif de l’infirmerie que les joueurs arrivés l’été dernier renforcent. Annan, Ferreira, Lamba, Bernauer, Jaber, Duffus, Traoré, blessés à tour de rôle ou non, cela pose question. Est-ce la malchance, une erreur de casting, un problème de préparation physique ? Larry Tanenbaum se le demande sans doute.
Didier Bigard




















