L’AS Saint-Étienne voulait bâtir un effectif taillé pour la remontée. Mais après une saison conclue par un nouvel échec sportif et une élimination en barrages face à l’OGC Nice, le constat est beaucoup plus brutal : la valeur marchande de plusieurs joueurs stéphanois est en nette baisse.
Selon la dernière mise à jour de Transfermarkt, de nombreux éléments de l’effectif des Verts ont vu leur cote chuter en moins de deux mois. Une mauvaise nouvelle pour Kilmer Sports Ventures, qui avait investi massivement pour construire un groupe capable de retrouver rapidement la Ligue 1.
Une saison ratée qui pèse sur la valeur des joueurs
L’ASSE a disputé 40 matchs toutes compétitions confondues cette saison, mais n’a pas réussi à atteindre son grand objectif. Troisièmes de Ligue 2, les Verts ont manqué la montée directe avant de tomber lors du barrage L1/L2 contre Nice, avec un match retour lourdement perdu 4-1.
Sportivement, l’échec est déjà difficile à digérer. Financièrement, il pourrait aussi avoir des conséquences importantes. Car dans un mercato, la valeur d’un effectif ne dépend pas seulement du potentiel individuel des joueurs. Elle dépend aussi du contexte, des résultats collectifs, de la dynamique et de la capacité d’un club à mettre ses éléments en valeur.
Et sur ce point, Saint-Étienne a clairement perdu du terrain.
Plusieurs recrues voient déjà leur cote baisser
Le symbole le plus parlant se trouve en défense. Chico Lamba, acheté 8 millions d’euros par l’ASSE, était encore évalué à 4 millions d’euros en mars dernier. Il ne vaut désormais plus que 3,5 millions d’euros selon Transfermarkt, soit une baisse de 500 000 euros en moins de deux mois.
Son compatriote Joao Ferreira est également concerné. Le latéral droit portugais, évalué à 2,5 millions d’euros en mars, est désormais estimé à 2 millions d’euros. Maxime Bernauer passe lui de 1,5 million à 1,2 million d’euros.
Aboubaka Soumahoro, qui n’a pas disputé le moindre match sous le maillot vert, voit aussi sa valeur reculer fortement, de 1,8 million à 1,2 million d’euros. Même chose pour Ebenezer Annan, passé de 2 millions à 1,8 million d’euros.
Pour un projet qui voulait créer des actifs forts, ces baisses interrogent forcément.
Quelques rares satisfactions dans l’effectif stéphanois
Tout n’est pas noir pour autant. Certains joueurs ont réussi à faire grimper leur valeur malgré la saison frustrante des Verts.
Julien Le Cardinal a vu sa cote progresser de 300 000 euros, passant de 1,5 million à 1,8 million d’euros. Ben Old connaît lui aussi une évolution positive, avec une hausse de 600 000 euros pour atteindre 1,8 million d’euros.
Mais la plus grosse satisfaction reste Kévin Pedro. Révélation de la saison stéphanoise, le jeune défenseur a vu sa valeur exploser de 3 millions d’euros en moins de deux mois. Il est désormais estimé à 7 millions d’euros. Une progression spectaculaire qui confirme son statut de véritable actif d’avenir pour l’ASSE.
Dans un effectif en perte de vitesse, Pedro apparaît comme l’un des rares dossiers capables de faire sourire la direction.
Le milieu de terrain moins touché, mais pas épargné
Au milieu, les mouvements sont moins impressionnants, mais ils existent. Luan Gadegbeku profite de ses dernières prestations convaincantes pour voir sa valeur grimper à 800 000 euros, soit une hausse de 500 000 euros.
En revanche, Igor Miladinovic connaît une baisse notable. Estimé à 3 millions d’euros en mars, le Serbe vaut désormais 2,5 millions d’euros. Ses performances contrastées et son temps de jeu plus limité ont logiquement pesé dans la balance.
D’autres joueurs comme Abdoulaye Kanté, Aïmen Moueffek ou Augustine Boakye conservent leur valeur. Mais là encore, Saint-Étienne n’a pas vraiment réussi à créer une dynamique globale positive autour de son effectif.
En attaque, Davitashvili sauve les meubles
C’est dans le secteur offensif que les contrastes sont les plus forts. Lucas Stassin conserve une valeur importante, toujours estimée à 15 millions d’euros. Zuriko Davitashvili, lui, voit même sa cote grimper de 10 à 12 millions d’euros après une saison très solide.
Le Géorgien est l’un des grands gagnants de cette mise à jour. Décisif, régulier et élu meilleur joueur de Ligue 2, il représente aujourd’hui l’un des plus gros actifs de l’ASSE.
Mais derrière ces deux locomotives, plusieurs joueurs reculent. Djylian N’Guessan connaît la plus grosse baisse de l’effectif, passant de 5 à 4 millions d’euros. Joshua Duffus perd également 500 000 euros, avec une valeur désormais estimée à 2,5 millions d’euros.
Autrement dit, l’ASSE conserve quelques belles valeurs marchandes, mais l’ensemble manque de stabilité.
Un effectif valorisé, mais une progression trompeuse
Sur le papier, l’effectif de l’ASSE reste l’un des plus chers de Ligue 2. Il est désormais valorisé à 84,25 millions d’euros, soit une progression globale de 16% par rapport à la saison dernière. Les Verts possèdent ainsi le deuxième effectif le mieux valorisé du championnat derrière Reims, estimé à 100,67 millions d’euros, et devant Troyes, à 59,05 millions d’euros.
Mais cette hausse globale peut être trompeuse. Elle s’explique en grande partie par l’arrivée de nouveaux joueurs et par l’augmentation naturelle de la valeur totale du groupe, pas forcément par une progression individuelle massive des éléments déjà présents.
Le vrai sujet est ailleurs : plusieurs joueurs recrutés ou installés dans le projet Kilmer ont perdu de la valeur. Et cela pose question sur la construction de l’effectif.
Kilmer Sports face à un vrai problème de valorisation
Depuis son arrivée à la tête de l’ASSE, Kilmer Sports Ventures a voulu installer une logique d’investissement et de développement d’actifs. L’idée était claire : recruter des joueurs à potentiel, les faire progresser, les valoriser sportivement et financièrement, tout en ramenant le club en Ligue 1.
Mais la réalité est plus complexe. Sans montée, sans exposition en Ligue 1 et avec une saison collectivement décevante, plusieurs joueurs n’ont pas pris la valeur espérée. Certains ont même reculé.
C’est un problème majeur pour un club qui doit à la fois rester ambitieux sportivement et gérer ses finances intelligemment. Un joueur acheté cher qui perd de la valeur devient rapidement un dossier sensible.
L’ASSE doit désormais corriger le tir
Le mercato estival sera donc déterminant. Saint-Étienne va devoir décider quels joueurs conserver, lesquels vendre, et surtout comment reconstruire un effectif capable de remonter sans répéter les mêmes erreurs.
Davitashvili, Stassin ou Kévin Pedro représentent encore de vrais actifs. Mais autour d’eux, plusieurs dossiers ont perdu en lisibilité. Kilmer Sports devra éviter de se retrouver avec un groupe coûteux, difficile à revendre et pas suffisamment dominant pour écraser la Ligue 2.
L’ASSE reste un club puissant à l’échelle du championnat. Mais cette mise à jour des valeurs marchandes rappelle une vérité froide : l’argent investi ne suffit pas. Encore faut-il transformer cet investissement en résultats, en progression et en valeur.
Pour l’instant, Kilmer Sports a construit un effectif cher. Pas encore un effectif qui gagne. Et c’est bien là tout le problème.







