Et il s’en est très bien sorti.
Parce qu’il ne s’est pas défilé
Début novembre, Didier Deschamps, au plus fort de la tempàªte suite aux révélations sur l’affaire de la sextape, avait vécu une conférence de presse difficile durant l’annonce de la liste des Bleus. Expliquant en préambule les raisons de l’absence des deux joueurs, il avait ensuite refusé, aidé par le chef de presse des Bleus Philippe Tournon, de répondre à la moindre question des journalistes. Ce qui avait donné lieu à une séquence difficile où les journalistes, agacés, se sont montrés de plus en plus insistants face à un mur. On pouvait craindre que Laurent Blanc et le PSG adoptent cette position catégorique. Cela n’a pas été le cas et la « confrontation » avec les journalistes a du coup été moins tendue. D’attendre une question pour s’expliquer, au lieu de lire un communiqué sans âme, a donné l’impression d’un Laurent Blanc ouvert au dialogue. Et màªme si le chef de presse du PSG avait prévenu qu’une seule question était tolérée sur le sujet, Laurent Blanc ne s’est pas défilé ensuite sur les questions périphériques, reconnaissant que la préparation de Chelsea était « un peu perturbée » et acceptant màªme, en fin de conférence de presse, de répondre à une question pourtant rejetée par son chef de presse, pour confier que selon lui, cela aurait pu arriver dans « tous les clubs ».
Parce qu’il s’est livré, sans en rajouter
Répondre à la question que tout le monde attendait, c’est bien. Mais bien y répondre, c’est encore mieux. Et c’est ce qu’a fait Laurent Blanc. Là encore, on aurait pu craindre une réponse toute faite du type : « Ca ne m’intéresse pas. Le club a pris une décision que je respecte. Tout ce qui m’importe aujourd’hui est le match contre Chelsea ». Au contraire, Laurent Blanc a choisi la carte de l’honnàªteté, ne cachant pas avoir été touché personnellement, avec màªme un sentiment évident de trahison. « Je l'ai très mal pris. On peut avoir des opinions, on est en démocratie. Ce garà§on, il y a deux ans, je me suis engagé pour le faire venir. Je vois ce que j'ai eu comme remerciement. C'est pitoyable. Il s'est mis hors-jeu. Il aurait dû se préparer pour un 8e de finale de C1. Il se pénalise lui-màªme. C'est mieux que de rester chez soi. Et c'est pénalisant pour le club ! Il pénalise le club à travers l'image qu'il donne. Dans cette nouvelle génération, il y a beaucoup de personnes qui s'excusent. Ils feraient mieux de réfléchir avant”¦ » Sans en faire trop, le coach parisien a mis les choses au point de manière très ferme. D’ailleurs, les journalistes parisiens n’ont pas jugé nécesssaire d’insister longtemps sur son ressenti personnel. Tout a été dit.
Parce qu’il a remis Chelsea au centre du jeu
Si Laurent Blanc avait décidé de jouer la carte du mutisme sur le sujet, nul doute que le cas Serge Aurier aurait pollué les différents points presse à venir du club de la capitale. Si on ne doute pas que certains confrères remettront régulièrement le dossier au goût du jour, Laurent Blanc a donné l’impression qu’il n’y avait plus grand chose à rajouter, et a donc évité que le cas Aurier ne soit l’unique sujet de conversation des jours à venir. Le match contre Chelsea n’a d’ailleurs pas été un sujet accessoire de la conférence de presse, mais bien une préoccupation importante de cet échange avec la presse, pourtant présente en masse uniquement en raison de l’affaire du week-end. N’hésitant pas à se servir de la polémique Aurier pour évoquer la préparation perturbée, ou le problème que cela posait pour le choix au poste d’arrière-droit, Laurent Blanc a habilement replacé l’Aurier-gate dans le contexte qui l’intéresse : la préparation du match contre Chelsea. Au vu du buzz mondial qu’a fait cette affaire, ce n’est pas la plus mince des performances.
Par Julien Pédebos



















