Supporter de l'équipe de FranceCredit Photo - Icon Sport
par Raphaël Nouet
IN MEMORIAM

Equipe de France - les histoires les plus désolantes : 1925, les Bleus se trompent d'objectif, festoient et sont humiliés en Italie

Vous connaissez déjà tout des héros de la campagne de Suède en 1958, de Séville 1982, Guadalajara 1986, des triomphes de 1984, 1998, 2000 et 2018. Mais l'histoire de l'équipe de France, ça a longtemps été la lose incarnée, celle d'un mélange de manque de professionnalisme évident et de mauvais choix incroyables. Nous allons donner dix exemples parlants. Voici le deuxième.

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Vous avez apprécié l'épisode précédent avec la déroute en Espagne (1-8) en avril 1929 à cause d'une insolation collective suite à une corrida l'après-midi du match ? On a mieux. Et ça se passe une nouvelle fois dans les années 20, à une époque où le professionnalisme se mettait en place dans tous les pays latins mais un peu moins vite en France où la douceur de vivre, le goût pour la bonne chère et surtout une incapacité totale à se mobiliser pour les bons événements ont conduit à des roustes gravées pour l'éternité.

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L'Uruguay tenu en échec... pour rien

Cette semaine, on met le cap sur Turin où, le 22 mars 1925, l'équipe de France a pris une volée 7-0 face à l'Italie. Comme face à l'Espagne quatre ans plus tard, les Bleus ont fait bonne figure en première période (il n'y avait que 1-0) mais se sont effondrés après la pause (six buts encaissés, dont quatre entre la 47e et la 60e). Il y a clairement eu un problème physique. Et pour cause ! Trois jours avant de se produire dans le Piémont, les Tricolores ont joué un match d'entraînement face à l'Uruguay, championne olympique un an plus tôt à Paris et donc virtuellement meilleure nation du monde. Surmotivés à l'idée d'affronter un adversaire aussi prestigieux, les Cottenet, Accard et autres Wallet ont tout donné et arraché un magnifique 0-0... qui n'est même pas comptabilisé aujourd'hui par la FFF ! Mais qui les a épuisés considérablement. Surtout qu'après, il y a eu un joli banquet sur lequel ils se sont précipités. C'est donc le ventre plein et les jambes lourdes que cette joyeuse bande a pris ensuite la route de l'Italie pour une déroute historique, la plus élevée dans les oppositions entre les deux nations.

Dans un France Football de 1948, l'ancien international Gaston Barreau, qui faisait à l'époque partie du comité de sélection des internationaux, est revenu sur ce drôle d'épisode : "A la suite de la victoire dans le tournoi olympique de 1924, le football sud-américain fit prime en Europe. En mars 1925, on devait voir à Paris les Brésiliens de Sao Paulo (C.A.Paulistano) infliger à une officieuse équipe de France une copieuse défaite de 7-2. Dans le même temps, l'équipe du Nacional de Montevideo, dans laquelle on retrouvait les champions olympiques Andrade, Scarone, Petrone, Castro, Urdinaran Zibecchi et Romano, vint battre le onze représentatif de la Ligue de Paris 6-1. Puis, on revit les Uruguayens dix jours plus tard, le jeudi de la mi-carême, 19 mars, à Buffalo contre... l'équipe de France. Excellente initiative, pensera-t-on. Petit détail à noter, pourtant : le lendemain, l'équipe de France, partait pour Turin où, le dimanche 22, c'est-à-dire trois jours après son match contre les Sud-Américains, elle devait rencontrer l'Italie ! Alors, ce "détail" passa sans doute inaperçu, aussi bien de nos représentants que de leurs responsables. Grâce à un miracle d'énergie, et après un match épuisant, nos internationaux tinrent en échec (0-0) les champions olympiques. C'était magnifique. Magnifique aussi fut le banquet qui suivit la rencontre. Il n'en fallut point davantage pour que leur départ vers l'Italie s'effectuât dans l'enthousiasme de ce demi-succès et dans un bain d'optimisme. Trois fois hélas ! A Turin, où notre équipe arriva le samedi, à 15 heures, l'enthousiasme fut singulièrement rafraîchi en même temps que notre football était, une fois de plus échaudé. Sans jambes, sans détente et sans réflexe, la pauvre équipe de France qui avait trois jours auparavant - et pour la gloire ! - épuisé ses réserves d'énergie, était bel et bien mise en déroute (7-0). Aujourd'hui, on crierait au fou devant une aussi singulière préparation à un match international. Alors, on rechercha les raisons pour lesquelles une équipe de France, déjà passablement faible de par sa composition (les titulaires des J.O de 1924 étaient dans leur grande majorité absents), était demeurée sans réaction devant celle d'Italie".

Pour résumer

Vous connaissez déjà tout des héros de la campagne de Suède en 1958, de Séville 1982, Guadalajara 1986, des triomphes de 1984, 1998, 2000 et 2018. Mais l'histoire de l'équipe de France, ça a longtemps été la lose incarnée, celle d'un mélange de manque de professionnalisme évident et de mauvais choix incroyables. Nous allons donner dix exemples parlants. Voici le deuxième.

Raphaël Nouet
Rédacteur
Raphaël Nouet

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