Ancien responsable des sports au Progrès, notre consultant Didier Bigard déplore la situation actuelle de l’ASSE, descendue à la 4e place de la Ligue 2 après son match nul au Mans (0-0) samedi. Il s’interroge sur Eirik Horneland et le projet Kilmer Sports Ventures.
« On ne met pas sur la touche un entraîneur quand son équipe est deuxième du championnat ». Lorsqu’avant la trêve nous avions lancé ce qui nous semblait une évidence à un confrère, celui-ci avait répliqué en feuilletant l’histoire de Geoffroy-Guichard. « Tout est possible, on a vu ici un coach se faire virer alors que son groupe était leader de la Ligue 1. L’allusion à Antoine Kombouaré remercié par le Qatar après une victoire à Saint-Étienne pouvait faire réfléchir suite au pitoyable nul face à Bastia, mais les dirigeants stéphanois ont une autre philosophie que celle imposée à Leonardo en 2011. Même si les sifflets montent des tribunes, même si les observateurs commencent à parasiter leur discours, bienveillant jusqu’alors pour Eirik Horneland, eux n’avaient pas l’intention de le remettre en question. Ou de se remettre eux-mêmes en question.
Mais qu’en pense Larry Tanenbaum ?
Ne prendre qu’un point au Mans pouvait-il changer la donne pour l’ASSE comme certains le pronostiquaient? Le Norvégien avait amorcé le débat bien avant, en lâchant une énigme à la Franck Haise « On souffre trop défensivement. Que ce soit avec moi ou quelqu’un d’autre, il faudra trouver cet équilibre ».
Le Norvégien avait toutefois été plus prudent que le Niçois en prenant bien soin de ne pas fâcher l’actionnaire et ses représentants à la tête du club. Fort de la mésaventure d’Olivier Dall’Oglio licencié après avoir remis en cause la politique de recrutement canadienne, lui marche sur des œufs. Quitte à susciter l’incompréhension des supporters quand il se met en marge du mercato. « Je ne suis pas concerné. Moi, je suis le coach, je suis là pour entraîner l’équipe. Il faudrait poser la question aux dirigeants. Non, je n’ai pas formulé de demandes ».
On relèvera que son discours ou ses attributions ont changé si on en juge ses propos, rapportés entre autres par le site Peuple vert au mois d’août « Nous allons tous dans la même direction : propriétaire, direction, Loïc Perrin et le staff. Les choix sont collégiaux». Les résultats étant ce qu’ils sont, on comprend toutefois qu’il se concentre aujourd’hui sur le terrain. Les promesses qu’il voyait dans cette équipe l’été dernier sont encore loin de ses attentes puisqu’il relevait alors « Nous avons beaucoup investi pour réunir une équipe performante au quotidien ». C’est peut-être bien aussi ce que pense Larry Tanenbaum.
Didier Bigard




















