Sept ans après la disparition tragique d’Emiliano Sala, l’émotion reste intacte. En déplacement à Nantes à l’occasion du jugement opposant le Cardiff City au FC Nantes, sa mère, Mercedes Taffarel, a livré des propos forts, ciblant directement le président nantais Waldemar Kita.
Un refus symbolique : « Je n’ai aucune envie d’y mettre les pieds »
Malgré ce retour chargé d’émotion en Loire-Atlantique, Mercedes Taffarel a fait un choix très fort : celui de ne pas se rendre au stade de la Beaujoire.
« Comme Waldemar Kita est toujours le président du club, je n’ai aucune envie d’y mettre les pieds. »
Une déclaration lourde de sens pour L’Équipe, qui illustre la fracture persistante entre la famille du joueur et la direction du FC Nantes. Depuis le drame survenu en janvier 2019, les relations sont restées tendues, nourries par des incompréhensions et des ressentiments profonds.
Une confrontation attendue : « Qu’avez-vous fait avec mon fils ? »
Mais derrière ce refus, la mère de l’attaquant argentin laisse entrevoir une volonté de confrontation directe.
« Oui, j’accepterais pour avoir l’occasion de le regarder dans les yeux et lui poser la question : « Qu’avez-vous fait avec mon fils ? ». J’aimerais bien l’avoir en face de moi pour cela. (dans son jugement motivé, le tribunal de commerce n’a pas reconnu de responsabilité du FCN dans la disparition d’Emiliano Sala et a estimé que Cardiff City, par sa démarche, avait même « affecté l’image et la réputation du FC Nantes et déstabilisé le club et ses partenaires ».) »
Une phrase choc, qui résume à elle seule la douleur et les interrogations encore intactes. Mercedes Taffarel ne cherche pas seulement des réponses judiciaires, mais aussi humaines.
Une décision de justice qui ravive les blessures
Ce déplacement intervenait dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Le tribunal de commerce de Nantes a récemment tranché en faveur du FC Nantes, déboutant Cardiff City de l’ensemble de ses demandes et condamnant même le club gallois à verser plusieurs centaines de milliers d’euros, dont une partie pour préjudice moral.
Dans son jugement, la juridiction a estimé que le club français n’avait aucune responsabilité dans le drame, tout en soulignant que la procédure engagée par Cardiff avait pu nuire à son image.
Une décision qui, loin d’apaiser les tensions, semble au contraire raviver les blessures du passé.
Un deuil toujours impossible
Au-delà des tensions et des responsabilités, c’est surtout la douleur d’une mère qui transparaît. Revenue à Nantes pour la première fois depuis sept ans, Mercedes Taffarel a effectué un véritable pèlerinage sur les traces de son fils, entre Carquefou et les lieux de vie du joueur.
Mais malgré le temps qui passe, rien ne semble s’apaiser :
« La douleur de mon cœur est irréparable. »
Une phrase qui résonne comme un rappel brutal : derrière les procédures et les décisions de justice, l’affaire Emiliano Sala reste avant tout un drame humain.





