Arrivé à Saint-Étienne avec l’étiquette du latéral gauche tant attendu, Ebenezer Annan semble déjà se trouver dans une impasse. Un an après son recrutement pour près de 2,5 millions d’euros, bonus compris, le Ghanéen a reculé dans la hiérarchie au point d’être devancé par Nathan Kasia, défenseur central de seulement 17 ans. Un choix lourd de sens de la part de Ian Cathro.
Annan devait enfin régler le problème
À l’été 2025, le recrutement d’Ebenezer Annan avait tout du pari réfléchi. En difficulté chronique au poste de latéral gauche, l’ASSE avait décidé d’investir une somme conséquente pour attirer le joueur de l’Étoile Rouge de Belgrade.
Son profil avait séduit la cellule de recrutement stéphanoise. International ghanéen, passé par la Serie A et le championnat serbe, Annan présentait des statistiques encourageantes dans les duels. Sa capacité à éliminer balle au pied et sa qualité de relance paraissaient également compatibles avec le jeu de possession alors souhaité par les Verts.
Certaines faiblesses étaient déjà identifiées, notamment dans son placement et son jeu aérien. Mais son potentiel devait lui permettre de progresser et de s’installer durablement dans le couloir gauche. Douze mois plus tard, le bilan est malheureusement bien différent.
Un déclassement devenu impossible à masquer
Malgré 19 apparitions et 1 334 minutes disputées, Ebenezer Annan n’a jamais réussi à devenir un titulaire incontestable. Ses qualités offensives ont parfois été aperçues, mais son irrégularité et ses lacunes défensives ont progressivement fragilisé son statut.
L’arrivée de Philippe Montanier, en janvier dernier, a constitué un premier tournant. Plutôt que de continuer à faire confiance au Ghanéen, l’entraîneur stéphanois a choisi de repositionner Ben Old sur le côté gauche de la défense.
Un choix déjà difficile à encaisser pour Annan. Le Néo-Zélandais n’est pas un spécialiste du poste, mais son volume de course, sa discipline tactique et sa fiabilité ont convaincu le staff de lui accorder davantage de temps de jeu.
Le changement d’entraîneur aurait pu relancer complètement les cartes. Mais les premières décisions de Ian Cathro durant la préparation estivale semblent confirmer la tendance.
Le choix très fort de Ian Cathro
Face au Servette FC, Ian Cathro a envoyé un message particulièrement clair. Au moment d’apporter du sang neuf dans son couloir gauche, le technicien écossais n’a pas sollicité Ebenezer Annan. Il a préféré lancer Nathan Kasia.
Le choix est tout sauf anodin. Âgé de seulement 17 ans, Kasia est avant tout un défenseur central gaucher. Considéré comme l’un des grands espoirs du centre de formation, il s’est distingué avec les U18 en Coupe Gambardella et compte déjà plusieurs convocations en équipe de France U17.
Sa vitesse, sa lecture du jeu et son calme dans la relance plaisent au nouveau staff. Mais le voir utilisé à gauche au détriment d’un véritable spécialiste démontre surtout à quel point la situation d’Annan s’est dégradée.
Ian Cathro a préféré adapter un jeune défenseur central à un poste qui n’est pas naturellement le sien plutôt que de relancer un joueur recruté près de 2,5 millions d’euros un an plus tôt. Pour le Ghanéen, le signal est particulièrement inquiétant.
Un départ déjà inévitable ?
L’ASSE n’a donc toujours pas trouvé la solution durable à gauche. Ben Old continue de dépanner avec sérieux, tandis que Nathan Kasia pourrait rendre de précieux services malgré un avenir qui semble davantage s’écrire dans l’axe.
Dans le même temps, la cellule de recrutement travaille sur plusieurs pistes afin d’attirer un véritable latéral gauche. L’arrivée d’un nouveau joueur réduirait encore davantage les perspectives d’Ebenezer Annan, dont l’avenir dans le Forez paraît désormais très incertain.
Dans sa volonté de réduire et de rééquilibrer son effectif, l’ASSE pourrait être à l’écoute d’une offre cet été. Encore faudra-t-il trouver une porte de sortie permettant de limiter la perte financière.
Un an après avoir été recruté pour résoudre un problème majeur, Ebenezer Annan est désormais devancé par un défenseur central de 17 ans. Le verdict semble cruel, mais particulièrement révélateur : sauf retournement spectaculaire durant la préparation, le pari à 2,5 millions d’euros est en passe de devenir l’un des principaux échecs du dernier mercato stéphanois.





















