ASSE – Exclu BUT : son parcours, son intégration chez les Verts, ses objectifs… Harold Moukoudi se confie

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Dans un entretien exclusif, le nouveau défenseur de l’ASSE retrace son parcours, de Nogent à Saint-Etienne, en mettant en avant le rôle joué par sa famille et en particulier son père. Il évoque aussi ses premiers pas sous le maillot vert et ses objectifs, à la fois posé, sérieux et souriant.

But  : Harold, où avez-vous grandi ?

Harold MOUKOUDI : Je suis né à Bondy, dans le 93, mais j’ai grandi à Creil, dans l’Oise. Je suis issu d’une famille de quatre enfants. Je suis le second et l’unique garçon. J’ai trois sœurs. Mon père travaille comme agent comptable et ma mère est agent hospitalier.

Vous étiez bon à l’école ?

Plutôt bon oui, sans plus. Je savais que c’était nécessaire. J’étais un élève correct.

Vous êtes-vous essayé à d’autres sports que le foot ?

Non. Depuis tout petit, c’est le foot et uniquement le foot. J’ai pris ma première licence à cinq ans. A quatre ans, je n’avais pas pu. J’étais trop petit.

C’était dans quel club ?

A Nogent, juste à côté de chez moi.

Vous avez toujours joué derrière ?

Toujours. Depuis les Débutants.

Quel club supportiez-vous ?

Le club d’à côté, c’était le Red Star, et bien sûr le PSG. Mais je n’ai jamais vraiment été supporter.

Il y a des footeux dans la famille ?

Oui, mon père. Il jouait au Cameroun quand il était jeune, en amateurs. Il a arrêté quand il a entrepris ses études. C’est lui qui m’a donné la passion. Il adore le foot. C’est un grand passionné. Quand on est ensemble, il nous arrive d’aller voir des matches de Nogent ou de Chantilly, des clubs avec qui j’ai pas mal d’affinités. C’est là où j’ai débuté avant d’aller au Havre.

Vous aviez quel âge en arrivant au Havre ?

11 ans. Normalement, c’est à 12 ans que l’on intègre les centres de formation. Mais ça s’est fait un peu avant.

D’autres clubs vous sollicitaient ?

Oui. Les clubs du Nord. Il y avait Auxerre aussi. Mais j’ai préféré Le Havre. C’est un bon club formateur.

Quels sont vos meilleurs souvenirs du HAC ?

Mon premier match en L2, contre Lens. On avait gagné 1-0. J’avais 19 ans. Et le titre de champion de CFA 2, l’année d’avant.

Et les moins bons ?

Je dirais les parcours en Gambardella. On a eu de belles générations mais à chaque fois on s’est ratés d’entrée. Le barrage d’accession perdu sur le terrain de l’AC Ajaccio, aussi, au tir au but. On se fait rejoindre sur la fin et on finit par perdre, dans un climat très hostile. Je devais tirer le dernier penalty, le 5e. J’espérais que ce serait celui de la montée… Mais le pire souvenir au Havre, c’est le décès de Samba Diop, en avril 2018. C’était mon petit frère. Il avait deux ans de moins que moi. Je ne l’oublierai jamais.

« Mon père était fan des Verts. En plus, Roger Milla a joué ici et Milla, au Cameroun, c’est une icône. J’ai été bercé par les vidéos des Lions Indomptables. Je regardais les cassettes en rentrant de l’école. »

Comment avez-vous vécu ces six mois sans jouer, la saison passée ? Vous étiez en fin de contrat et le club n’a pas accepté que vous refusiez de prolonger…

C’était compliqué. Je suis un compétiteur. J’aime jouer. J’ai besoin de ça. Qu’on me coupe de ça, c’était compliqué pour moi.

Cela doit décupler votre faim de ballon…

Tout à fait.

L’ASSE, ça s’est décidé quand ?

Fin mars début avril. J’avais d’autres sollicitations en France, Bordeaux, Rennes, et à l’étranger aussi. Mais l’étranger, ce n’était pas une option. Et j’ai vite penché pour l’ASSE.

Pourquoi ?

Pour tout ce que ce club représente. Je n’ai pas connu la grande époque des Verts. Je n’étais pas né. Mais j’ai quand même l’impression de l’avoir vécue tellement j’en ai entendu parler. Mon père était fan des Verts. En plus, Roger Milla a joué ici et Milla, au Cameroun, c’est une icône. J’ai été bercé par les vidéos des Lions Indomptables. Je regardais les cassettes en rentrant de l’école.

Votre père doit être fier de vous voir en Vert…

Bien sûr. Au Havre, il est venu à chaque match à domicile. Il faisait 200 km aller, 200 km retour pour me voir.

Il est de bons conseils ?

Ah ça, oui ! Même quand je fais un bon match, il trouve toujours le petit truc où j’aurais pu faire mieux.

Votre maman vous suit aussi de près ?

C’est ma première supportrice. Elle ne vient pas trop aux matches mais elle les regarde tous. Elle est devant la télé un quart d’heure avant le coup d’envoi. Mes parents sont à fond derrière moi depuis le début. Et mes sœurs aussi. Elles sont d’un grand soutien elles aussi.

L’ASSE correspond à ce que vous imaginiez avant votre arrivée ?

Oui. J’avais la bonne image du club. Les supporters, l’ambiance de Geoffroy-Guichard, ça a pesé dans ma réflexion. Et cette ferveur, on la ressent déjà avant le début du championnat. Il y a beaucoup de monde aux entraînements, aux matches amicaux.

Les gens vous reconnaissent dans la rue ?

Certains oui. Aux courses, des supporters m’ont souhaité la bienvenue. J’ai eu quelques messages sympas. Ça m’a fait plaisir.

« Sur le plan personnel, mon objectif, c’est d’être bon, tout simplement. D’être performant. D’apporter un plus à l’équipe. »

Avec qui ça colle déjà bien dans le groupe ?

Avec tout le monde. Ça se passe vraiment très bien. J’avais eu des échos sur l’ambiance, comme quoi il y avait un bon groupe. Depuis que je suis là, je peux le confirmer. Ce n’est pas difficile de s’intégrer.

Vous aviez une appréhension ?

Non non.

Y en a-t-il une de passer de la L2 à la L1 ?

Non, mais c’est un changement. A moi de me mettre au niveau.

Vous avez suivi la fin de saison de l’ASSE au printemps ?

Bien sûr. J’ai regardé tous les matches. J’espérais que l’équipe se qualifie pour l’Europe. Elle l’a fait en réalisant une très belle fin de saison. On sentait que le groupe vivait bien. Pourtant, il y a eu des blessures, des suspensions. Quand il y a eu la victoire à Caen, le 5-0, alors que plusieurs cadres étaient absents, je me suis dit que ça sentait bon.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?

Tout d’abord, collectivement, faire aussi bien que la saison dernière en championnat, et pourquoi pas réussir de beaux parcours dans les différentes coupes, notamment en Ligue Europa. Et sur le plan personnel, mon objectif, c’est d’être bon, tout simplement. D’être performant. D’apporter un plus à l’équipe.

Y a-t-il un joueur ou une équipe que vous avez déjà hâte d’affronter ?

Un joueur non, pas spécialement. Mais une équipe, il y a Lyon, forcément. Je connais l’importance du derby. Ces deux matches là seront très très importants.

En L2, quel est l’attaquant qui vous a posé le plus de problèmes ?

J’aurais du mal à en citer un en particulier. Mais il y a de très bons attaquants en L2. C’est un championnat difficile. Tous les matches sont compliqués. C’est des combats. C’est âpre.

Physiquement, comment vous sentez-vous ?

Bien. On se prépare comme il faut pour les premiers matches. On travaille bien.

Les Etats-Unis et l’Angleterre, il y a pire pour terminer la préparation…

C’est clair. C’est un programme sympa. C’est une bonne manière de commencer à se jauger avant le début du championnat.

Laurent HESS

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000