Depuis la révélation par l’UEFA que l’OM avait accusé plus de 100 M€ de pertes pour l’exercice 2024-25, les supporters marseillais sont en folie. Mais le club pourrait vite revenir dans les clous.
Lorsque l’UEFA a publié ses derniers rapports financiers, un chiffre a immédiatement mis le feu aux poudres : plus de 100 millions d’euros de pertes pour l’Olympique de Marseille sur la saison 2024-2025. Sur les réseaux sociaux, la réaction a été instantanée. Entre moqueries de supporters rivaux et inquiétudes d’une partie du public marseillais, le débat s’est rapidement transformé en procès de la direction, et notamment de Pablo Longoria, fragilisé ces derniers mois en interne.
Pour certains observateurs, ces pertes illustreraient une mauvaise gestion sportive et financière. D’autres pointent du doigt l’éloignement du propriétaire Frank McCourt, accusé d’intervenir surtout pour combler les déficits sans imposer une stratégie durable. Mais derrière l’émotion et les réactions à chaud, le contexte économique du club raconte une réalité plus nuancée.
Un déficit anticipé après un pari assumé
À l’été 2024, l’OM sortait d’une saison sportive décevante, conclue sans qualification européenne. Une absence lourde de conséquences, puisque les compétitions continentales, et en particulier la UEFA Champions League, représentent une source majeure de revenus : droits TV, billetterie, sponsoring et primes de performance.
Malgré ce manque à gagner, la direction sportive menée par Longoria et le directeur du football Medhi Benatia avait choisi de maintenir un projet ambitieux. L’objectif était clair : investir massivement pour reconstruire un effectif capable de retrouver rapidement la Ligue des champions. Ce choix impliquait mécaniquement un déséquilibre financier temporaire : hausse de la masse salariale, indemnités de transferts importantes et absence de recettes européennes immédiates.
Autrement dit, ces pertes records n’ont rien d’une surprise en interne. Elles constituent la conséquence directe d’une stratégie de relance, fondée sur l’idée qu’un retour rapide en Ligue des champions permettrait de rééquilibrer les comptes.
Des projections plus rassurantes pour 2025-2026
Avec le recul, certains analystes proches du club évoquent déjà une amélioration progressive. Des projections financières relayées par plusieurs observateurs spécialisés estiment que les pertes structurelles pourraient tomber autour de 35 millions d’euros hors transferts sur l’exercice en cours. Une baisse significative, rendue possible par plusieurs facteurs : réduction de certains coûts, nouvelles recettes commerciales et meilleure stabilité sportive.
Ce type de déficit reste élevé, mais il s’inscrit dans une logique courante pour les clubs européens engagés dans des cycles de reconstruction. De nombreux projets sportifs passent par une phase d’investissement avant de retrouver un équilibre, à condition que les résultats suivent.
Le rôle déterminant de Frank McCourt
Depuis son rachat du club en 2016, Frank McCourt a régulièrement injecté des fonds pour soutenir l’OM. Sa présence financière constitue un filet de sécurité essentiel : sans ce soutien, un tel niveau de pertes serait difficilement soutenable.
Le modèle marseillais repose donc en partie sur cet engagement du propriétaire, combiné à l’espoir d’un retour durable dans le top européen. La qualification en Ligue des champions n’est pas seulement un objectif sportif : elle conditionne aussi l’équilibre économique du projet.
Un débat amplifié par les réseaux sociaux
La publication du rapport de l’UEFA a également relancé les tensions entre supporters, dirigeants et observateurs. Certains comptes spécialisés ont dénoncé des réactions jugées excessives, rappelant que ces pertes étaient largement anticipées et liées à une stratégie assumée. D’autres ont comparé la situation marseillaise à celle d’autres grands clubs européens, soulignant que les déficits ne sont pas rares dans le football moderne, où la compétitivité exige des investissements massifs.
Cette polémique illustre surtout l’évolution du débat autour du football : les chiffres financiers sont désormais scrutés avec la même intensité que les résultats sportifs. Mais ils ne prennent leur sens que replacés dans leur contexte.
Un pari qui dépendra du terrain
Au final, l’équation reste simple : les pertes actuelles représentent le prix d’un pari. Si l’OM parvient à retrouver durablement la Ligue des champions et à stabiliser ses performances, ces investissements pourraient être justifiés. Dans le cas contraire, la pression financière et sportive s’intensifiera inévitablement.
Plus que jamais, l’avenir économique du club dépendra de ses résultats sur le terrain. Car à Marseille, l’ambition sportive et la réalité financière sont désormais indissociables.
Le calendrier de fin de saison de l’OM
01/03 : OM-Lyon (24e journée de Ligue 1)
04/03 : OM-Toulouse (quarts de finale de la Coupe de France)
07/03 : Toulouse-OM (25e journée de Ligue 1)
13/03 : OM-Auxerre (26e journée de Ligue 1)
22/03 : OM-Lille (27e journée de Ligue 1)
05/04 : Monaco-OM (28e journée de Ligue 1)
12/04 : OM-Metz (29e journée de Ligue 1)
19/04 : Lorient-OM (30e journée de Ligue 1)
22/04 : Demi-finales de Coupe de France
26/04 : OM-Nice (31e journée de Ligue 1)
03/05 : Nantes-OM (32e journée de Ligue 1)
09/05 : Le Havre-OM (33e journée de Ligue 1)
16/05 : OM-Rennes (34e journée de Ligue 1)
23/05 : Finale de Coupe de France




















