« Le championnat « est très serré, à§a se joue à deux victoires ». Max-Alain Gradel qui a tenté de rassurer les supporters toulousains après la défaite du TFC devant Marseille a raison. Et ceux qui, après le nul de l'ASSE face à Montpellier relevaient qu'avec deux défaites, les Verts plongeraient au classement, savent aussi très bien compter. Comme Claude Puel qui prévenait la veille « Je ne veux pas qu'on s'enflamme ». Il a d'autant plus de raisons d'appeler à la prudence que le calendrier ne va pas laisser de répit à son équipe avec encore huit rencontres en moins d'un mois, deux de Ligue Europa, la réception de Nice et Paris, trois déplacements à Rennes, Reims et Strasbourg et la coupe de la Ligue à Nà®mes.
Les jeunes poussent
Les jeunes pouvaient déjà se préparer pour ce déplacement dans le Gard, histoire de faire souffler les cadres, mais ils n'ont pas eu à attendre cette compétition sans avenir pour pointer le nez. Pour Madhi Camara, c'est presque devenu banal, mais voir entrer en jeu Bilal Benkhedim, dimanche était plus surprenant et l'apparition d'Edmilson Indjai Correia relevait carrément de l'improbable, màªme pour les plus fidèles de l'Etrat et des matches de la réserve. Et pour cause. Nous l'avions entrevu en National 2 face à Romorantin, pas exceptionnel dans un contexte difficile. Gérard Fernandez nous avait fait une courte description de ce jeune venu de Guinée-Bissau cet été « Il a de la qualité mais doit s'adapter, il vient d'arriver ». Manifestement, il a vite appris au point de convaincre Claude Puel forcé de trouver des solutions devant l'hécatombe qui frappe les pros.
Onze blessés mais pas de lamentations
Onze blessés, compte le coach des Verts « On n'est pas vernis avec autant de gars sur le flanc. « Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de clubs qui pourraient aligner des matches comme on le fait, avec des jeunes, des nouveaux à chaque rencontre. Je me réjouis d'avoir un groupe avec cet état d'esprit. Ceux qui n'avaient pas de temps de jeu n'ont pas lâché. Ils ont des opportunités et les saisissent ». Le propos ne surprendra pas Gerald Passi, croisé avant le coup d'envoi, détaillant la méthode Puel qu'il loue pour l'avoir côtoyé trois ans. Nous avons compris qu'avec lui, s'il n'y a pas de laissés pour compte, il sait trancher comme lorsqu'il se prive de Diony après l'avoir relancé dans le derby, fort de sa volonté, faire progresser tout le monde. Tant mieux car, il le dit, il aura besoin de tous et si M'Vila ou Aholou pourraient faire monter la moyenne d'âge, de moins de 25 ans en fin de partie face aux Montpelliérains, il ne s'attend pas à récupérer grand monde pour la Ligue Europa.
Des soucis d’efficacité offensive
Tant mieux aussi parce qu'en championnat, c'est la profondeur des bancs qui fera la différence sur la longueur. C'est ce que nous évoquions avant la rencontre en analysant l'effectif d'Angers peut-àªtre un peu juste pour tenir la distance. Mais en s'interrogeant sur celui de Saint-Etienne… A-t-on été rassuré par ce nul ? Pas vraiment, màªme si nos confrères du midi considèrent que le groupe de Der Zakarian a réalisé sa meilleure prestation à l'extérieur avec un style qui n'emballe pas Puel « Ce genre de matchs, je ne l’apprécie pas forcément. Cette équipe ne fait pas de fioriture, pas de relance… à‡a m’aurait frustré qu'elle reparte avec plus de points ». Le nul obtenu par Stéphane Ruffier est un moindre mal, sauf à ne retenir que la frappe de Nordin sur la barre où les occasions de Bouanga, Boudebouz, Trauco. On ne le fera pas, parce que le football est une question d'efficacité et qu'il y a encore du travail de ce côté. Et pas seulement chez les plus jeunes… »

Didier BIGARD

















