La 3e de l'histoire des Canaris. Depuis, les Jaune et Vert n'ont plus gagné le trophée le plus prestigieux du football de jeunes. Aujourd'hui entraà®neur adjoint de Stéphane Moulin à Angers, Serge Le Dizet se souvient.
« Quelques mois plus tôt, la France gagnait le Mondial U17 avec la génération Le Tallec – Sinama-Pongolle. A Nantes, on avait trois « Champions du Monde » : Stephen Drouin, Emerse Faé, Luigi Glombard. Ils étaient les porte-drapeaux de cette équipe-là . On comptait parmi les bonnes équipes mais pas les favorites de la compétition. Ma chance à ce moment-là , c'est d'avoir pu diriger pendant quasiment toute la saison le màªme groupe en U18. En effet, à part Emerse Fae et Stephen Drouin, la plupart ne jouaient pas encore à l'étage au-dessus en CFA ou en équipe première. Cela s'est révélé un atout dans la compétition. Nous ne disposions pas d'individualités exceptionnelles mais on avait un collectif soudé. Est-ce qu'on jouait un football « à la Nantaise », un football chatoyant ? Je ne sais pas. Mais pour moi, le beau jeu ne veut rien dire. Le beau jeu, c'est avant tout d'àªtre efficace. C'est ce qu'on a fait màªme si je n'ai pas non plus le souvenir que nous avions joué une « grande » finale face à l'OGC Nice (1-0). D'ailleurs aucun des Aiglons de 2002 n'a fait carrière, preuve que l'adversaire n'était sans doute pas exceptionnel.
« Ce qu'on a fait après ce titre est un échec »
A l'époque, ce titre avait été important pour la direction. L'équipe première connaissait des résultats en dent de scie et cette victoire chez les jeunes était une vraie bouffée d'oxygène pour l'institution. Cette génération 2002 a servi de pare-feu. Sur le coup, c'était un moment fort mais, plus que de gagner la Gambardella, le souhait du club était de former une génération de joueurs et l'amener deux ou trois ans après à devenir l'ossature de l'équipe première. Nantes avait toujours un peu fonctionné comme à§a. Sur ce point, je considère que ce qu'on a fait après ce titre est un échec. Bien sûr, quelques-uns ont fait carrière. Je pense à notre gardien Alexis Thébaux, à Emerse Faé, à Stephen Drouin, à Milos Dimitrijevic, à Vincent Laban qui a dû s'exiler pour réussir. D'autres ont fait des carrières honorables en National ou en Ligue 2 mais peu sont finalement devenus des joueurs chevronnés de Ligue 1.
Comment je l'explique ? Pour moi, il y a trois aspects. Peut-àªtre qu'il y avait un problème au niveau de la Fédération. Si à§a se trouve, on a raté quelque chose dans le développement en faisant trop confiance à cet instant aux meilleurs joueurs du moment et non à ceux qui avaient le plus gros potentiel. Après, la faute en incombe peut-àªtre aussi au club qui n'a pas laissé à certains de ces jeunes suffisamment de temps pour s'imposer comme des tauliers du FC Nantes. Enfin, peut-àªtre aussi qu'avec leurs entourages, certains – dès lors qu'ils ont enchaà®né deux bons matches – se sont perdus plus vite. Mais à§a, ce n'est pas spécifique à Nantes, c'est spécifique à tous les clubs”¦ »
Propos recueillis par Alexandre CORBOZ



















