Alors que Pablo Longoria tiendra une conférence de presse de mi-saison ce midi, les comptes de l’OM sont dans le rouge.
À la publication des comptes de l’exercice 2024-2025, attendue au printemps prochain, le propriétaire américain de l’OM Frank McCourt n’aura pas le sourire. Selon L’Équipe, le club phocéen s’achemine vers un nouveau résultat net négatif, estimé à environ 37 millions d’euros de pertes, quasiment identique à celui de la saison précédente (–39 M€). Un chiffre qui s’inscrit dans une tendance lourde et inquiétante : depuis son arrivée en 2016, Frank McCourt n’a connu que des exercices déficitaires, pour un total cumulé avoisinant les 500 millions d’euros.
La fronde avec Oughourlian n’a mené à rien
Une hémorragie financière largement aggravée par la crise du Covid en 2020, puis par l’effondrement du modèle économique du football français, entre diffuseurs défaillants et décisions des instances. Certes, l’OM a bénéficié de bouffées d’oxygène temporaires, comme les aides de l’État (près de 50 M€ sur la période 2021-2022) ou encore les avances de CVC, estimées à 90 M€ entre 2022 et 2025. Mais ces rustines n’ont jamais permis de redresser durablement la barre. Cet été encore, lors de l’assemblée générale mixte du 27 juin, McCourt a dû remettre la main à la poche avec une injection de fonds de 94,5 M€, davantage destinée à combler des pertes qu’à investir pour l’avenir.
Sur le terrain politique et institutionnel, la fronde menée à la rentrée aux côtés de Joseph Oughourlian, président du RC Lens, n’a pas produit les effets espérés. Et l’avenir ne s’annonce guère plus radieux sur le plan des droits télé. Même en cas de titre ou de saison exceptionnelle, l’OM ne percevra pas plus de 30 millions d’euros de droits nationaux et internationaux confondus cette saison. Un montant presque équivalent à celui généré par le partenariat avec CMA CGM, récemment prolongé jusqu’en 2028, et qui rapporterait au club au moins 24 M€ par an. Un symbole fort du déséquilibre actuel du modèle économique.
La Ligue des Champions vitale pour l’OM
Dans ce contexte, la qualification pour la Ligue des champions n’est plus un bonus, mais une obligation absolue. « Dans le football français actuel, n’importe quel club ambitieux perdra de l’argent », confie un ancien administrateur de l’OM. « À Marseille, tu ne peux plus te permettre de dire qu’on peut rater la C1. Et une fois qualifié, tu dois être compétitif face à des clubs qui ont beaucoup plus de recettes, alors que tes dépenses, elles, continuent d’augmenter. » Une équation presque impossible. D’autres anciens dirigeants nuancent toutefois le tableau. « Il ne faut pas oublier l’image du club, la puissance des fans sur les réseaux sociaux, les actifs immobiliers. Tout cela a une valeur financière réelle », insiste l’un d’eux, tout en reconnaissant que cela ne garantit en rien un retour sur investissement à long terme. « Est-ce que McCourt est vraiment venu pour gagner de l’argent ? Avec l’état du foot français, c’est presque impossible. On peut lui reprocher beaucoup de choses, notamment sa communication, mais critiquer sa patience et son engagement, c’est mal connaître l’OM. Surtout quand on voit ce qui se passe ailleurs en France. »
Officiellement, le club ne souhaite pas communiquer sur ces chiffres alarmants mais pourrait devoir le faire via Pablo Longoria attendu à midi en conférence de presse dans l’enceinte du Vélodrome. En interne, les équipes de McCourt assurent pourtant que l’Américain continue de croire profondément au potentiel de l’OM, convaincu que le club peut poursuivre son développement et s’installer durablement au plus haut niveau européen. Reste à savoir si cette foi résistera encore longtemps à la réalité des comptes. À Marseille, l’argent manque, la pression monte… et l’avenir de McCourt n’a peut-être jamais semblé aussi fragile.

















