La décision de la CAF d’espacer la Coupe d’Afrique des nations fait exploser la colère de Joseph-Antoine Bell, l’icône camerounaise passée par l’OM et l’AS Saint-Étienne. Pour l’ex-gardien des Verts, ce choix marque un coup dur pour toute la culture du football africain.
Un bouleversement historique qui fragilise la CAN
Depuis 1968, la CAN rythmait le calendrier africain tous les deux ans, offrant aux talents locaux et à leurs supporters une fête populaire irremplaçable. Désormais, à partir de 2028, la compétition aura lieu seulement tous les quatre ans. Pour beaucoup de passionnés, l’émotion laisse place à la frustration : cette nouvelle fréquence fait redescendre l’un des rendez-vous majeurs du foot mondial dans l’ombre des grandes épreuves internationales.
Bell, ancien Marseillais et Stéphanois, exprime sa déception
Joseph-Antoine Bell incarne une page de l’histoire du football africain et stéphanois. L’ex-portier, qui a marqué l’AS Saint-Étienne et l’OM, ne cache pas son désarroi au micro d’Afrik-Inform. Pour lui, couper la CAN de moitié revient à priver le continent de ce lien indéfectible avec son sport roi : « C’est comme si on vous disait, pour ceux qui vont à la messe tous les dimanches, que désormais la messe ça va être une fois par mois. Forcément c’est pas bien. »
Bell reproche à la CAF une décision « subie par les Africains ». Selon lui, ce tournant historique ne respecte ni la culture ni la ferveur populaire qui entouraient la compétition jusque-là.
Des critiques unanimes face à la CAF
Aux côtés de Bell, d’autres voix s’élèvent dans le monde du football africain. Beaucoup dénoncent un timing mal choisi, alors que la CAN connaissait une exposition et des retombées sans précédent. Faire coïncider le tournoi avec l’Euro européen accentue les doutes : « Aujourd’hui, la CAN est en train de prendre un essor mondial avec une très belle publicité, des médias, un sponsoring jamais vu… Et on va la foutre en face de l’une des plus grosses compétitions derrière la Coupe du monde ? C’est un gâchis absolu », regrette Walid Acherchour.
Et l’hypothèse d’une future Ligue des nations africaines dès 2029 ne rassure pas vraiment. Nombreux sont ceux qui considèrent cette nouveauté comme une compensation bien maigre, incapable de recréer la magie d’une CAN biennale.
Quelles conséquences pour l’identité du football africain ?
Rendre la CAN quadriennale, c’est aussi réduire les opportunités pour les jeunes joueurs de briller et la fréquence de communion des fans sur le continent. Beaucoup craignent un affaiblissement de l’identité africaine dans le football mondial. Pour Bell et ses pairs, le sentiment d’injustice domine : « On peut essayer de tourner dans tous les sens, de ne plus avoir sa fête tous les deux ans ne peut pas être une bonne chose. Ça ne peut pas etre une nouvelle réjouissante. »
La polémique grandit, avec la question essentielle pour toute l’Afrique : comment préserver l’esprit unique de la CAN face aux nouvelles règles du jeu imposées par la CAF ?
Joseph Antoine Bell: « La CAN tous les 4 ans ne peut pas être une nouvelle réjouissante »https://t.co/5yOVd5XbNU
— Actu Cameroun (@actucameroun) December 22, 2025







