À LA UNE DU 3 JUIN 2026

ASSE : loin d’être actée, la montée en Ligue 1 crée déjà un malaise profond chez les Verts

Après les déclarations de Jaber et Davitashvili concernant la Ligue 1, le sujet commence à créer un petit malaise autour de l’ASSE, alors même que la montée est encore loin d’être actée.

La défaite contre un adversaire à la peine en Ligue 1 n’a pas freiné l’optimisme chez certains Verts. À l’issue du match, Mahmoud Jaber a frappé fort en lançant : « On sait que notre niveau est celui de la Ligue 1. On veut le prouver en Ligue 2. » Un sentiment partagé par Zuriko Davitashvili, étoile géorgienne en pleine ascension, dont l’apport offensif n’est plus à démontrer cette saison.

Derrière ces mots, le message est clair : Saint-Étienne se voit déjà au-dessus de la mêlée de Ligue 2, prêt à remettre le bleu sur l’élite du football français. Mais ce discours enthousiaste interroge jusqu’au sein du club et parmi les suiveurs les plus lucides. La réaction de Joss Randall dans le Sainté Night Club a ainsi donné le ton : «Finalement, à Saint-Etienne, on parle beaucoup de Ligue 1 avant d’y être. Et ça me gratte un peu parce que j’ai l’impression que ça dénote un état d’esprit général à l’ASSE. Je pense que tout le monde se pense à arriver avant d’être arrivé. C’est virtuel. Ce qui compte, c’est le classement, c’est les points. Aujourd’hui, le compte n’y est pas. Aujourd’hui, l’ASSE n’est pas une équipe de Ligue 1. »

Saint-Étienne : communication maladroite ou problème d’état d’esprit ?

Est-ce une simple maladresse de communication ou le symptôme d’un mal plus profond à Sainté ? Les propos relayés à chaud après l’élimination ressemblent davantage à une déclaration d’intention qu’à une affirmation fondée sur les faits. Face à une équipe niçoise convalescente, les Verts ont rivalisé, certes, mais rien ne dit que leur niveau général se situe à la hauteur du ventre mou de l’élite hexagonale.

Pour Joss Randall, le débat est tranché : «La réalité de ce match-là montre que oui, l’écart Ligue 1-Ligue 2, entre ce niveau de Ligue 1 et notre niveau de Ligue 2, n’était finalement pas si abyssal. De là à dire que l’ASSE et certains joueurs ont le niveau de Ligue 1, je n’irai pas jusque-là. »

En filigrane, c’est tout l’état d’esprit stéphanois qui est remis en question. Afficher ses ambitions peut dynamiser un groupe, mais risque aussi de décrédibiliser le travail au quotidien si les résultats ne suivent pas. Ce ton conquérant résonne-t-il dans les vestiaires ou s’agit-il d’une posture tournée vers l’extérieur ?

Ligue 1/Ligue 2 : où se situe réellement l’ASSE ?

Aujourd’hui, la route reste longue pour l’ASSE, dont les certitudes affichées tranchent avec le classement en Ligue 2. Malgré des joueurs comme Davitashvili, auteur déjà de 8 buts et d’une progression fulgurante tant en valeur marchande qu’en influence dans le jeu, l’équipe n’est ni leader ni détachée de la concurrence.

La tentation de vouloir anticiper la montée semble prégnante, alors que le collectif n’a pas encore fait la différence sur la durée. La performance face à Nice n’est pas, à elle seule, le juge de paix pour trancher la question du niveau stéphanois. Pour Joss Randall, il serait plus judicieux de « faire profil bas » aujourd’hui, pour mieux convaincre demain, pelouse après pelouse.

Sur ce point, difficile de ne pas rappeler combien la confirmation sur le terrain prime sur la parole, comme l’a montré la récente officialisation de la présence de Davitashvili avec Saint-Étienne dans les débats de montée. Les attentes autour des Verts sont hautes mais, en football, l’ambition ne vaut que si elle est suivie d’actes.

Alors, l’ASSE doit-elle multiplier les déclarations ou revenir à l’essentiel : la conquête du classement ? Le débat, plus que jamais, est ouvert.

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