FC Nantes – L’analyse de Charles Guyard : Nantes, souviens-toi de 2008…

FC Nantes - L'analyse de Charles Guyard : Nantes, souviens-toi de 2008...

La victoire décrochée à Caen mercredi n’a pas été confirmée hier soir en Principauté où les Canaris ont relancé un concurrent direct. Le printemps risque d’être crispant…

Ce n’est pas trahir la réalité, et sans mauvais esprit aucun, que d’avancer que tout ce qui touche à l’aviation est un sujet hautement sensible au Football Club de Nantes en ce moment. C’est pourtant sur une avarie, heureusement sans gravité, qu’a débuté le week-end monégasque des Canaris.

De fait, selon Presse-Océan, l’appareil qui devait acheminer l’équipe vers le Sud a dû rester cloué au sol vendredi, une fissure décelée sur le pare-brise du cockpit ayant proscrit tout décollage du tarmac nantais. Le trajet a donc été reporté au lendemain. Résultat, en plus de la légitime frayeur occasionnée avec les douloureux et récents souvenirs que cela a forcément réveillé, Vahid Halilhodzic et sa troupe n’ont pu rallier le Rocher qu’en début d’après-midi, samedi, se privant de la traditionnelle mise au vert et tout ce que cela comporte (réveil musculaire, causerie, sieste, collation,…) pour préparer sereinement une rencontre ô ! combien importante dans l’optique du maintien.

Terrible hasard du calendrier, cet imprévu s’est déroulé le jour même des obsèques d’Emiliano Sala, disparu tragiquement lors de son transfert en avion vers Cardiff. Une cérémonie en Argentine à laquelle a d’ailleurs tenu à assister son ami Nicolas Pallois, lequel était ainsi absent en Principauté. Andrei Girotto, lui, était suspendu quand Gabriel Boschilia, prêté par Monaco l’été dernier, était de son côté privé de match dans le cadre d’un accord tacite qui ne cesse d’étonner. En quoi cela poserait-il problème que le milieu de terrain affronte un club qui ne compte pas sur lui ? Mystère…

Toujours est-il que le FC Nantes débarquait à Louis-II certes passablement chamboulé, mais aussi revigoré par son succès aussi étriqué que précieux (1-0) décroché trois jours plus tôt à Caen. L’objectif sur la Côte d’Azur ? Confirmer la victoire en Normandie et s’éloigner encore de la zone rouge en y laissant son adversaire du jour s’y engluer d’avantage. En somme, c’est un match à six points.

Sauf que du Rocher, les Jaune et Vert en sont finalement repartis bredouilles, car c’est tout l’inverse qui s’est produit et cela s’est joué sur un coup de patte du génial Gelson Martins, oublié au second poteau sur un service parfait de Lopes. Ce seul but du match, à la 13e minute, a été déclenché par une maladresse des deux Valentin au milieu, Eysseric voyant une relance en retrait rebondir sur Rongier pour filer dans les pieds de Lopes. Le Portugais enchaînait ensuite avec un une-deux impeccable avec Falcao avant d’alerter son compatriote dans la surface… La suite ? Avant la pause, le FCN frôlait la correctionnelle sur une tête de Falcao détournée d’un réflexe par Tatarusanu (41e) et l’ASM frisait l’égalisation sur un missile de Traoré claqué par Subatic (45e).

En 2008, déjà 14e, le FCN ne cumulait alors « que » onze défaites et un point de plus après 25 journées.

En seconde période, l’entrée de Krhin allait redonner de l’épaisseur au milieu, permettant au bloc de monter d’un cran mais cela ne changeait rien aux affaires, malgré l’entrée du jeune Antonio Mance. Pour sa première apparition, le Croate se montrait certes remuant mais plus souvent dans le vide. Touré, lui, s’essayait des vingt mètres mais sa frappe ne fit que caresser le montant de Subatic et enfin concernant Waris, sa faculté de percuter s’est constamment heurtée à un manque de réalisme dans le dernier geste et ça en devenait presque désespérant.

En définitive, après avoir encaissé son douzième revers de la saison à Monaco, Nantes est provisoirement 14e avec 24 points et une longueur encore confortable (7 unités) sur le barragiste Dijon, qui compte toutefois un match en retard. Cette avance aurait de quoi rassurer si les faits n’invitaient pas à la plus extrême prudence. En 2008, déjà 14e, le FCN ne cumulait alors « que » onze défaites et un point de plus après 25 journées. Quelques mois plus tard, il sombrait en Ligue 2. Et pour longtemps.

A Nantes, Charles Guyard

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