FC Nantes – L’analyse de Charles Guyard : Les Canaris perdent le Nord et plongent

FC Nantes - L'analyse de Charles Guyard : Les Canaris perdent le Nord et plongent

En menant 2-0 à l’heure de jeu, le FC Nantes pensait tenir un succès de prestige face à Lille. Mais le LOSC a déroulé, marqué trois fois en sept minutes et envoyé les Canaris dans les prémices d’une crise…

Un Dogue, ça ne lâche rien, et c’est justement à cela que les Lillois doivent leur surnom. Entre leurs crocs ce dimanche après-midi, des Canaris qui pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score grâce à un penalty bien transformé par Valentin Esseyric à la 54e minute et, surtout, à cette tête victorieuse de Kalifa Coulibaly sur un superbe centre de Fabio dans la foulée (2-0, 56e). « Jusqu’à leur but, on était très bien en place, à se demander si ce n’était pas nous les deuxièmes du championnat », analysait après-coup Maxime Dupé, préféré dans les buts à Ciprian Tatarusanu… Sauf que mener n’est pas gagner, à fortiori face à un LOSC déterminé à prendre ses distances sur Lyon pour la quête de la seconde place qualificative pour la Ligue des champions.

Mais quand même… Marquer deux fois en autant de minutes et mettre la Beaujoire en effervescence pour ce qui devait être un exploit face au dauphin du PSG avant de sombrer ensuite frise la faute professionnelle. D’autant que le FCN avait déjà connu pareil scénario face à Nîmes le 10 février (défaite 4-2 après avoir mené 2-0 à la pause). « On a déjà vécu ça à la maison, relevait justement Eysseric au coup de sifflet final. Là, on s’était dit avant qu’il ne fallait pas ressortir de ce match frustré, qu’il fallait tout donner… On a eu un bon résultat pendant la moitié, et après on s’est totalement perdus. J’ai l’impression qu’on a eu peur, on a eu un manque de jeu, de détermination. Un match ce n’est pas 60 minutes, c’est plus ! Et il aura fallu 10 minutes pour changer la donne. On connaît la qualité de Lille, ils ne baissent jamais les bras… »

De fait, tel un cyclone, le LOSC a en effet balayé tous les espoirs en trois coups de vent. Trois bourrasques même, nommés Rafael Leao d’abord après un superbe enchaînement amorti de la poitrine – volée dans les filets (2-1, 62e). Puis sur un penalty transformé par le meilleur buteur de la L1 à l’extérieur Nicolas Pépé (2-2, 68e). Et enfin par l’une des meilleures doublettes de notre championnat Pépé-Bamba, avec le second à la finition pour offrir la victoire aux siens (3-2, 69e). Une victoire que Nantes a pourtant failli contrarier en obtenant un penalty, discutable, à la 81e minute qu’Eysseric a expédié en tribune Loire. « J’assume, a expliqué l’intéressé. J’ai voulu tiré trop fort, j’ai tiré au dessus, c’est énervant car le gardien était parti de l’autre côté. C’est mon premier pénalty loupé dans ma carrière, il fallait que ça arrive. C’est aujourd’hui, mais ce n’est pas ce qui me fera baisser la tête. »
Mieux vaut, en effet, relever la tête au plus vite car les poursuivants, eux, n’attendent pas. Caen, vainqueur surprise à Monaco (1-0) et Amiens (0-0 face à Bordeaux) restent en embuscade. Certes le matelas est encore épais avec le barragiste normand distant de 8 unités, mais à force de laisser des points filer en route, la situation, déjà tendue, pourrait virer à la catastrophe. « On est très loin d’être sauvés », prévient même Eysseric.

En attendant d’aller défier Toulouse le week-end prochain, c’est la Coupe de France qui s’invite cette semaine au programme des Jaune et Vert avec un déplacement de prestige au Parc des Princes mercredi. Sauf que cette confrontation face au PSG (qui reviendra à la Beaujoire le 17 avril) a déjà perdu toute sa saveur du fait des résultats en L1. Evidemment, il y a une finale à aller chercher dans la capitale. Mais des finales, le FCN risque d’en avoir bien d’autres à gérer d’ici fin mai avec des adversaires tout aussi déterminés (Lyon, Marseille, Montpellier entre autres). Et celles-ci pourraient coûter très cher…

A Nantes, Charles Guyard