Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG, révèle que le secteur professionnel va enregistrer une nouvelle perte d’exploitation supérieure au milliard d’euros à la fin de la saison, même si plusieurs clubs ont entrepris une cure notable d’austérité. L’OM et l’OL posent question.
Le football français traverse une zone de fortes turbulences financières. Et à quelques semaines du mercato estival, la DNCG vient d’envoyer un message très fort concernant l’OM et l’OL. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Jean-Marc Mickeler, président du gendarme financier du football français, a dressé un constat extrêmement préoccupant sur la santé économique des clubs professionnels. Selon lui, le secteur va encore enregistrer une perte d’exploitation supérieure au milliard d’euros à l’issue de la saison.
Un chiffre colossal qui illustre les énormes difficultés rencontrées par plusieurs clubs français malgré les politiques d’austérité mises en place ces derniers mois. Et forcément, les situations de l’Olympique Lyonnais et de l’Olympique de Marseille inquiètent particulièrement. L’OL affichait ainsi un déficit estimé à 200 millions d’euros au 30 juin dernier, tandis que celui de l’OM dépassait les 100 millions d’euros. Des chiffres alarmants qui auraient pu laisser craindre une prise de parole très dure de la DNCG. Mais Jean-Marc Mickeler a tenu à distinguer clairement les deux dossiers.
« Deux situations très différentes »
Concernant Lyon, le président de la DNCG a salué le travail entrepris par la nouvelle direction lyonnaise. « La nouvelle équipe dirigeante a répondu présent avec une réactivité et une détermination qui forcent le respect. La réduction de masse salariale opérée en une saison est sans précédent dans l’histoire récente du football professionnel français. C’est un effort considérable, et nous le reconnaissons pleinement », a-t-il expliqué. Mickeler souligne notamment les énormes efforts réalisés sur la masse salariale, avec une réduction qualifiée « d’inédite dans l’histoire récente du football professionnel français ».
Un message fort qui valide publiquement les mesures prises par l’OL ces derniers mois pour tenter de redresser sa situation financière extrêmement délicate. Du côté de Marseille, le discours est différent mais reste mesuré. La DNCG estime que l’OM a surtout payé son ambition sportive et une anticipation de revenus européens qui ne se sont finalement pas concrétisés comme espéré. « Le club a fait le choix de l’ambition sportive maximale en anticipant des revenus européens qui ne se sont pas matérialisés au niveau espéré. Franck McCourt et la nouvelle direction ont parfaitement conscience des ajustements qui s’imposent. Ce sont deux clubs emblématiques, portés par des actionnaires engagés. Notre rôle est de les accompagner vers le rééquilibrage, pas de les fragiliser », a précisé Mickeler.
Un mercato sous surveillance
Ces déclarations interviennent à un moment clé, alors que le mercato approche et que plusieurs clubs français devront surveiller leurs dépenses de très près. À Marseille comme à Lyon, les prochaines semaines pourraient donc être marquées par des ventes importantes, des réductions salariales ou des choix sportifs dictés par les impératifs économiques.
Malgré tout, le patron de la DNCG a voulu envoyer un signal rassurant aux supporters des deux Olympiques. Selon lui, il ne s’agit pas de fragiliser ces institutions historiques mais de les accompagner vers un rééquilibrage financier durable. Reste désormais à savoir comment l’OM et l’OL réussiront à gérer cet été brûlant, entre ambitions sportives et contraintes économiques de plus en plus lourdes.
Le calendrier de fin de saison de l’OM :
02/05 : Nantes-OM (32e journée de Ligue 1)
09/05 : Le Havre-OM (33e journée de Ligue 1)
16/05 : OM-Rennes (34e journée de Ligue 1)





















