RC Lens – Stade Brestois : avant le rendez-vous de Bollaert, Eric Roy tire la sonnette d’alarme !

Le coach du Stade Brestois Eric Roy a fait part de sa grande inquiétude avant le déplacement de son équipe à Lens ce vendredi soir.
Stade Brestois : un mercato sous tension et un début de saison inquiétant
À quelques jours de la clôture du marché des transferts, l’atmosphère est pesante sur le Stade Brestois. L’euphorie de la qualification européenne a vite laissé place à la crispation : l’effectif s’est appauvri, les résultats ne suivent pas, et la valse des départs laisse un groupe en clair-obscur, dos au mur dès le mois d’août. Éric Roy, lucide sur l’ampleur du défi, cherche encore des solutions pour éviter un plongeon direct dans la crise.
Un effectif affaibli après de nombreux départs
La liste des joueurs cadres partis cet été a de quoi donner le vertige aux supporters brestois. Exit Pierre Lees-Melou, maître à jouer depuis trois saisons, envolé vers Paris. Mahdi Camara s’en est aussi allé, tout comme Mathias Pereira Lage, désormais en Allemagne, et le gardien Marco Bizot, solide rempart des dernières campagnes. Massadio Haïdara, Jonas Martin, Jordan Amavi ou Karamoko Dembélé font, eux aussi, partie des pertes, tandis que les joueurs prêtés l’an dernier ont retrouvé leurs clubs d’origine.
Si le club a récupéré près de 30 millions d’euros sur ces ventes, l’équilibre sportif est lui largement fragilisé. Les départs concernent presque toutes les lignes, grevant à la fois l’expérience et la maîtrise collective qui avaient rendu Brest si difficile à manœuvrer la saison passée. À l’arrivée, seuls Joris Chotard, pour stabiliser l’entrejeu, et Daouda Guindo, latéral gauche venu du RB Salzbourg, sont venus renforcer la cité du Ponant. L’incertitude reste totale autour des autres dossiers, notamment l’offensive pour Pathé Mboup, ailier athlétique mais à l’expérience Ligue 1 inexistante.
Les espoirs d’Éric Roy dans les derniers jours du mercato
Le coach brestois ne s’en cache pas : la situation l’inquiète, mais il conserve un pragmatisme froid. « J’ai 12 joueurs qui ont joué en Ligue 1 dans mon effectif. Ça ne suffit pas pour traverser une saison entière », a-t-il martelé dès la première journée. Ce n’est pas un appel du pied à la direction mais un constat sans fard, martelé publiquement pour préparer les esprits à la difficulté à venir.
Entre espoir et désillusion, Roy attend encore plusieurs renforts « au moins en défense centrale, au milieu et devant ». Mais les marges de manœuvre sont infimes. Le club, frappé par la chute des droits TV et privé des énormes recettes européennes qui avaient limité la casse l’an dernier, dispose d’un des plus petits budgets de l’élite, s’étonnant même d’être devancé par le promu Metz sur ce terrain-là – alors que ce dernier sort de Ligue 2. Le recrutement tient donc de l’équilibrisme, chaque euro devant être investi à bon escient avant lundi soir.
L’urgence de renforcer le groupe pour la Ligue 1
Sportivement, l’alerte rouge clignote déjà. Un seul point en deux journées, une 14e place au classement, des scénarios mal maîtrisés en fin de match et, surtout, un banc très jeune, sans expérience du haut niveau. Impossible pour Roy de composer avec moins de 15 joueurs d’expérience sur la durée d’un marathon de Ligue 1. Face à Lille, puis lors du nul contre Toulouse, le manque de profondeur a sauté aux yeux et obligé le staff à aligner de nombreux joueurs inexpérimentés à ce niveau.
Dans l’idéal, Brest aurait pourtant aimé bâtir sur son socle, à l’image de Lees-Melou, dont le transfert vers Paris a rapporté 7 M€ mais ouvert une nouvelle brèche tactique. Le cas Pereira Lage, parti tenter l’aventure en Bundesliga après un parcours qui l’avait vu évoluer à Angers et Clermont, illustre aussi le renouvellement trop brutal vécu par les Ty’ Zefs cet été.
Objectif maintien : une saison à hauts risques pour Brest
Loin de tout faux-semblant, Éric Roy assume la difficulté du défi qui attend Brest : « Notre objectif principal, c’est d’en laisser au moins trois derrière nous, il faut être lucide, cette saison s’annonce très compliquée ». Un discours rationnel, synonyme d’appel à la vigilance en interne mais aussi auprès du public, souvent balloté entre frustration et inquiétude depuis le coup d’envoi d’un nouvel exercice où rien ne sera accordé d’avance.
« Parfois on trouve vite la solution, parfois on ne la trouve jamais et l’année prochaine on joue contre Pau ou Rodez », a-t-il glissé, mi-blague, mi-prémonition, pour souligner la précarité de la situation. Un rire amer, mais qui résume bien l’état d’urgence dans la cité du Ponant avant de se déplacer à Bollaert ce soir.